
EOLIOS Ingénierie a réalisé un audit des conditions de dispersion des poussières lors de la démolition par explosion d'un bâtiment situé à proximité d'un site OVHcloud, afin d'évaluer le risque d'empoussièrement pour les salles serveurs.
L'essentiel. À la demande d'OVHcloud, EOLIOS a mesuré en temps réel la concentration de poussières dans l'air autour d'un data center en exploitation, pendant la démolition par explosion d'un bâtiment voisin. La concentration atteint un pic de 196 000 particules à 0,5 µm au moment de l'explosion, soit un facteur supérieur à 130 par rapport au bruit de fond, avant de revenir vers des niveaux proches de la normale en quelques heures. L'audit quantifie l'exposition des salles serveurs et objective le risque de contamination particulaire.
Les particules fines véhiculées par l'air extérieur comptent parmi les principaux facteurs de vieillissement des équipements informatiques : dépôt sur les cartes électroniques, colmatage des médias filtrants, dégradation des échanges thermiques. Lorsqu'un chantier de démolition intervient en limite immédiate d'un centre de données en service, la maîtrise de l'empoussièrement devient un sujet de continuité d'exploitation, et, dans ce cas précis, un sujet juridique.
Un bâtiment situé à proximité immédiate d'un site OVHcloud devait être détruit par explosion. Ce type d'opération libère en quelques secondes un volume considérable de poussières minérales (béton, plâtre, silice) qui forment un panache dense, rapidement transporté par le vent. Pour un data center voisin, dont le refroidissement repose en partie sur l'admission d'air extérieur, l'événement pose une question directe : l'air aspiré pendant et après la démolition reste-t-il compatible avec le maintien en condition des salles serveurs ?
On désigne par « particules fines » les particules en suspension dans l'air dont le diamètre aérodynamique est inférieur à quelques micromètres (µm). On les classe usuellement par seuil : PM10 (≤ 10 µm), PM2.5 (≤ 2,5 µm) et particules ultrafines (≤ 1 µm). Plus une particule est fine, plus elle pénètre profondément les circuits de ventilation et se dépose durablement sur les surfaces sensibles.
Les centres de données maîtrisent l'empoussièrement de leurs salles au moyen d'étages de filtration (typiquement ISO ePM1 / ePM2.5, jusqu'aux filtres à très haute efficacité dans les zones critiques) et d'une mise en surpression des locaux. Un pic de concentration extérieure augmente la charge sur ces filtres, accélère leur colmatage et peut, en cas de défaut d'étanchéité, laisser migrer des particules vers les allées froides.
Avant l'opération, l'entreprise de démolition avait certifié l'absence de poussières pour le voisinage. Les dispositions prises restaient pourtant marginales : un simple arrosage de l'environnement proche et du bâtiment par jets d'eau pendant l'explosion. Le démolisseur assurait en outre que peu de particules fines seraient émises et que le vent dominant ne portait pas en direction du data center, concluant à un risque « trivial ».
La mesure de terrain raconte une autre histoire. Chacune de ces garanties s'est révélée démentie par les faits :
« Aucune poussière pour le voisinage » : un panache dense a obstrué la visibilité et gagné le site en quelques minutes.
« Peu de particules fines » : le pic mesuré dépasse de plus de 130 fois le bruit de fond à 0,5 µm.
« Vent à l'opposé du site » : le panache s'est justement dirigé vers le data center et le canal.
« Risque trivial » : les concentrations sont restées élevées plusieurs heures et supérieures au bruit de fond plusieurs jours.
Une filtration non prévue pour cela. Le data center est équipé de filtres, mais pas de filtres dimensionnés pour encaisser l'empoussièrement d'une explosion à moins de 100 m. En régime normal, une telle capacité n'a aucune raison d'exister : l'événement expose donc l'installation à un aléa situé hors de son enveloppe de conception.
Le bon réflexe du gestionnaire. Face à des garanties invérifiables, le responsable du site a eu la lucidité de confier à EOLIOS une mission de suivi de la perturbation. Ce rapport factuel et étalonné constitue une base juridique solide en cas de défaut généralisé des serveurs consécutif à l'explosion : un acte d'anticipation qui transforme une promesse orale en preuve mesurée.
Dans un contexte à la fois technique et juridique, l'équipe EOLIOS a proposé son expertise pour aider les responsables du site à comprendre l'impact, sur les salles serveurs, des phénomènes d'empoussièrement induits par la destruction du bâtiment voisin.
Mesurer la concentration de particules aux abords du site, ainsi qu'en intérieur, avant, pendant et après la démolition, sur plusieurs tailles de particules.
Observer la formation, la densité et la trajectoire du panache de poussière généré par l'explosion.
Objectiver l'exposition des salles serveurs et le risque de contamination pour les équipements sensibles.
Documenter l'événement de façon traçable, avec des appareils étalonnés, à des fins d'expertise.
Le paramètre déterminant étant la quantité de particules présentes dans l'air, il a fallu la mesurer aux abords du site sur plusieurs jours, à des heures différentes, afin d'en analyser la concentration et la variabilité. Multiplier les relevés permet de constituer une série de données représentative et d'augmenter la fiabilité des résultats.
Les mesures ont été réalisées à l'aide d'appareils sous certificat d'étalonnage, garantissant la traçabilité métrologique indispensable dans un cadre d'expertise. Des capteurs ont été positionnés à l'extérieur, au plus près des prises d'air, et à l'intérieur, pour suivre l'empoussièrement effectif du bâtiment.
Le « bruit de fond » désigne le niveau de concentration habituel du site, hors événement particulier. Il fluctue au fil de la journée (trafic, activité humaine, météo) et sert de référence pour quantifier l'ampleur réelle d'une perturbation telle qu'une explosion.


Plusieurs observations ont été effectuées avant et après la destruction du bâtiment. Dès le déclenchement de l'explosion, un panache de poussière apparaît, créé par le souffle et le début de l'affaissement de l'immeuble.
Lors de la destruction complète, le panache monte et se disperse : la visibilité est totalement obstruée. La disparition, dans le nuage, du bâtiment adjacent traduit sa forte densité. Sous l'effet de conditions météorologiques défavorables et du vent, le panache se dirige essentiellement vers le data center et le canal — soit précisément la zone sensible.
Une dilution s'amorce ensuite, avec une perte de visibilité progressive, mais la concentration en particules reste élevée. Après 7 minutes, le nuage de poussière est encore bien présent sur le site : le data center demeure clairement exposé à un empoussièrement important.

Différentes mesures ont été effectuées, avant, pendant et après l'explosion, sur plusieurs tailles de particules : 0,3 µm, 0,5 µm, 1 µm, 2,5 µm, 5 µm et 10 µm. Pour la lisibilité, les valeurs présentées ci-dessous portent sur la classe 0,5 µm, représentative des particules ultrafines les plus pénétrantes.
Le suivi extérieur débute vers 18 h, avec une présence humaine réduite, d'où une faible concentration de particules, puis une remontée liée aux horaires de pointe. Ce relevé fixe la ligne de base à laquelle comparer l'explosion.
Valeur moyenne à 0,5 µm : 10 000.

Le relevé du 29 octobre, mené à partir de 13 h avec une prise de mesure toutes les 5 minutes, couvre l'avant, le pendant et l'après. La forte perturbation observée à 15 h correspond au début de l'explosion, lorsque le capteur reçoit le front de particules. Certaines valeurs sont alors multipliées par un coefficient supérieur à 130.

30 minutes plus tard, le taux de particules reste relativement équivalent, soit 2 à 5 fois supérieur à la normale. Les moyennes après l'explosion demeurent au-dessus des valeurs médianes relevées avant, ce qui découle du panache persistant qui englobe encore la zone d'étude.
Après 2 heures, le taux de particules aux abords du data center retrouve des ordres de grandeur proches de ceux d'avant la destruction. Les valeurs moyennes restent tout de même un peu plus élevées, du fait de la démolition et de la reprise des travaux sur site.
Valeur moyenne à 0,5 µm : 7 300.

Le lendemain de la destruction, on ne relève pas de contamination particulière liée à la présence de gravats non stabilisés : les valeurs se situent dans la plage moyenne post-explosion, avec une tendance à la légère baisse. Des mesures complémentaires en intérieur ont également été réalisées ; ces données ne sont pas communiquées ici.
Enjeu pour le data center. Les concentrations mesurées dépassaient les valeurs de référence recommandées et pouvaient favoriser une dégradation des microprocesseurs des salles serveurs ; elles sont restées supérieures au bruit de fond plusieurs jours après la démolition.
Au-delà du pic instantané, c'est la durée d'exposition qui pèse sur l'installation. Un air chargé sur plusieurs heures accélère le colmatage des filtres, fait chuter leur perméabilité et peut dégrader la surpression des salles : le point de vigilance se déplace alors du pic vers la dose cumulée reçue par le système de traitement d'air.
Dans ce type de situation, plusieurs leviers d'ingénierie permettent de contenir le risque :
Renforcer temporairement la filtration et anticiper le remplacement des médias en fin de campagne poussiéreuse.
Adapter la stratégie de refroidissement en réduisant l'admission d'air extérieur ou le free-cooling durant le pic, au profit d'une recirculation maîtrisée.
Surveiller la surpression et l'étanchéité des enveloppes pour empêcher toute migration de particules vers les allées froides.
Planifier un contrôle et un nettoyage post-événement, appuyés sur les relevés de concentration.
L'audit de poussières et de particules ouvre de nouvelles perspectives aux industries et aux responsables de sites sensibles. Il permet de mesurer, de comprendre et de qualifier un grand nombre de risques liés à un apport important de poussières, sur des bases factuelles et traçables.
Grâce à ses équipes d'ingénieurs, EOLIOS modélise par la simulation CFD la propagation des poussières en intérieur comme à l'extérieur. Les espaces empoussiérés sont simulés dans leur intégralité, avec une grande précision et en un temps restreint : on peut ainsi tester des scénarios (direction de vent, débit de source, position des prises d'air) impossibles à reproduire en conditions réelles. Couplée aux mesures de terrain, la simulation permet de calibrer le modèle et d'anticiper l'exposition avant même l'événement.
Implémenter un diagnostic EOLIOS dans votre processus de conception, c'est faire appel à des experts en mécanique des fluides, thermique et simulation numérique pour garantir le bon fonctionnement de vos installations. Ce savoir-faire se retrouve dans nos études de pollution de l'air, de qualité de l'air intérieur et de thermique des data centers.
Savoir-faire : modélisation CFD du déplacement du sable et des poussièresPoussières fines, métrologie et simulation CFD autour des sites sensibles.
Les particules fines se déposent sur les cartes électroniques et les dissipateurs, colmatent les filtres d'admission et perturbent les échanges thermiques. À forte concentration ou sur une exposition prolongée, elles favorisent l'échauffement et le vieillissement prématuré des composants, jusqu'au risque de défaillance.
À l'aide de compteurs optiques de particules sous certificat d'étalonnage, qui comptent les particules par classe de taille (ici de 0,3 à 10 µm). Des relevés répétés, à l'intérieur et à l'extérieur et à un pas de temps fin (5 minutes), permettent de distinguer le bruit de fond d'un événement exceptionnel.
Oui. La simulation numérique (CFD) reproduit le transport des particules par l'air en fonction du vent, de la topographie et des sources d'émission. Calibrée sur des mesures de terrain, elle permet d'anticiper les zones exposées et de dimensionner les protections avant l'événement.
Sur cet audit, le pic retombe fortement en quelques dizaines de minutes, puis l'air retrouve des niveaux proches de la normale environ 2 heures après l'explosion. Des valeurs légèrement supérieures au bruit de fond persistent toutefois plusieurs jours, en raison des travaux et des gravats.
Explorez nos expertises, projets et dossiers techniques pour aller plus loin que la FAQ.
L'audit de site réalisé pour mesurer les niveaux de poussières dans l'air durant la destruction par explosion d'un bâtiment a révélé une forte concentration de particules sur un laps de temps réduit. Des mesures en temps réel ont été prises dans la zone autour du site et à des distances plus éloignées, pour déterminer la concentration et la composition des particules. Les résultats ont montré que la concentration des particules dans l'air était supérieure aux valeurs de référence recommandées pour la santé et pouvait entraîner une dégradation des microprocesseurs du data center. Il a également été constaté que les concentrations dans l'air restaient plus élevées plusieurs jours après la démolition.
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