Étude CFD des actions du vent sur la tour Cascades à Caen : vitesses, pressions de façade et confort des terrasses en hauteur.
L'essentiel. Dans le cadre de la construction de la tour Cascades à Caen, EOLIOS a mené une étude CFD multi-directionnelle (huit orientations) des actions du vent sur cet IGH en milieu urbain dense. Vitesses de vent extrême calculées sur une période de retour de 50 ans selon l'Eurocode NF EN 1991-1-4, pressions de façade sur toutes les parois (façades, fenêtres, mosaïques, mâts) et confort au vent des terrasses interprété via l'échelle de Beaufort. Les résultats sécurisent le dimensionnement des éléments exposés et guident les dispositifs de confort en hauteur.
Un immeuble de grande hauteur modifie profondément l'écoulement du vent : il crée des survitesses au sol, canalise l'air entre les bâtiments voisins et subit des pressions de façade qui croissent fortement avec l'altitude. Anticiper ces phénomènes dès la conception conditionne à la fois la tenue des façades et le confort des espaces extérieurs — deux enjeux que les seules formules réglementaires, volontairement enveloppes, peinent à localiser avec précision.
EOLIOS est leader de la simulation CFD externe des problématiques de vent. Nos études reposent sur un retour d'expérience de campagnes de mesure en conditions réelles et d'une centaine de sites simulés autour du monde.
La tour CASCADES est un bâtiment de grande hauteur situé à Caen (département du Calvados). Dans le cadre de sa construction, il est apparu essentiel d'analyser précisément l'influence du vent sur l'ouvrage et son environnement immédiat. Les résultats de cette étude constituent une étape clé pour garantir la performance, la sécurité et la durabilité de l'ouvrage face aux actions du vent.
Un IGH est un bâtiment dont le plancher bas du dernier niveau dépasse une hauteur réglementaire (28 m en habitation, 50 m pour les autres usages en France). Sa hauteur l'expose à des vitesses de vent supérieures et à des effets de site marqués, ce qui rend l'analyse des actions du vent déterminante dès la conception.


Les objectifs principaux de la mission étaient les suivants :
Identifier les conditions de vent les plus défavorables auxquelles peut être soumis le site.
Caractériser les effets de site générés par la forme du bâtiment et les constructions voisines.
Cartographier les vitesses d'air autour de la tour pour huit directions principales.
Déterminer les pressions exercées sur toutes les parois de la tour (façades, fenêtres, mosaïques, mâts).
Identifier les zones à risques et les pressions maximales atteintes.
Évaluer le confort au vent sur les terrasses en conditions de vent moyen.
La mécanique des fluides numérique (CFD — Computational Fluid Dynamics) résout numériquement les équations aux dérivées partielles régissant les écoulements de fluides. Appliquée aux bâtiments, elle fournit des informations précises sur les vitesses d'air, les pressions et les phénomènes aérodynamiques se produisant autour et à l'intérieur des structures, et ce même sur des structures complexes et avec la prise en compte de l'environnement.

Un modèle 3D spécifiquement adapté à la résolution numérique a été élaboré à partir des plans fournis par le client et d'images satellites. La géométrie intègre la tour CASCADES ainsi que l'ensemble des bâtiments environnants susceptibles de générer des masques aérauliques significatifs. Les détails de géométrie à faible impact aérodynamique sont volontairement simplifiés afin de concentrer la puissance de calcul sur les zones d'intérêt.
En savoir plus : qu'est-ce que la simulation CFD ?Le vent observé au niveau du sol est fortement influencé par la structure verticale de la couche limite atmosphérique, qui se décompose en trois sous-couches distinctes : la sous-couche rugueuse (quelques mètres), la couche limite de surface (10 à 100 m), siège de forts gradients de vitesse, et la couche extérieure ou sous-couche inertielle (jusqu'à ~1 km), peu perturbée par la topographie. La vitesse du vent croît avec l'altitude selon un profil logarithmique — phénomène dit de cisaillement vertical — qui est au cœur de toute modélisation CFD de sites urbains.
C'est la tranche d'atmosphère où le frottement du sol freine le vent. Sa hauteur et la forme de son profil de vitesse dépendent de la rugosité du terrain (mer, campagne, ville) : plus le sol est encombré, plus le vent est ralenti près du sol et cisaillé en hauteur. C'est cette signature locale que la simulation doit reproduire en entrée pour dimensionner un IGH sur des bases réalistes.
La détermination des vitesses de vent extrêmes sur une période de retour de 50 ans a été réalisée conformément à la norme Eurocode NF EN 1991-1-4, référence réglementaire pour le calcul des actions du vent sur les structures. Cette approche repose sur l'utilisation des vitesses de vent de référence définies à l'échelle nationale, corrigées en fonction des caractéristiques locales du site : rugosité du terrain, topographie, altitude et catégorie de terrain environnante. Les calculs permettent d'obtenir les vitesses de vent de dimensionnement associées à un événement météorologique rare mais statistiquement représentatif de la durée de vie de l'ouvrage. Ces vitesses extrêmes constituent les données d'entrée des simulations CFD et servent au dimensionnement des façades, éléments de toiture et équipements exposés afin de garantir la stabilité et la sécurité de la tour face aux sollicitations aérodynamiques les plus sévères.
L'analyse multi-directionnelle a mis en évidence plusieurs phénomènes aérodynamiques significatifs autour de la tour :
Accélérations aux arêtes : les bords verticaux de la tour génèrent des survitesses localisées et des vortex turbulents pour toutes les orientations de vent.
Effet Venturi : à l'ouest, un couloir formé par les bâtiments en amont crée une canalisation du flux qui amplifie significativement les vitesses et génère la pression maximale observée sur les mosaïques de façade.
Exposition directe : à l'est, l'absence de bâtiments en amont expose directement la tour au vent incident, conduisant aux pressions les plus élevées sur les mâts.
Zones d'abri : pour certaines orientations, la présence de bâtiments environnants génère des zones de recirculation protégeant partiellement la tour des sollicitations maximales.
Lorsque le vent est canalisé dans un couloir étroit formé par des bâtiments rapprochés, sa vitesse augmente par conservation du débit : c'est l'effet Venturi. En pied de tour, il génère des survitesses et des pressions localement maximales, à identifier précisément pour sécuriser les éléments de façade exposés.


La partie basse de la tour bénéficie d'un effet d'abri lié aux constructions environnantes ; à l'inverse, les niveaux supérieurs — dépassant le tissu urbain — sont directement exposés au vent incident, générant les sollicitations maximales sur les façades et les éléments en toiture.
Les simulations CFD ont permis de déterminer les champs de pression exercés par le vent sur l'ensemble des surfaces de la tour pour les différentes directions étudiées. Pour chaque élément de façade, les pressions minimales et maximales ont été calculées afin d'identifier les sollicitations extrêmes susceptibles d'intervenir en phase d'exploitation ou lors d'épisodes venteux sévères. Cette approche permet de disposer d'une enveloppe complète des chargements aérodynamiques appliqués à la structure et aux éléments rapportés.

Les résultats mettent en évidence la coexistence de pressions positives et négatives selon l'orientation des façades et la dynamique locale de l'écoulement :
Pressions positives — zones d'impact direct du vent : l'écoulement comprime les surfaces et applique un effort dirigé vers l'intérieur du bâtiment.
Pressions négatives — phénomène d'aspiration généré par les séparations d'écoulement et les zones de recirculation : les efforts sont alors orientés vers l'extérieur de la structure.
Cette distinction est particulièrement importante pour le dimensionnement des éléments de façade et des systèmes de fixation, certains composants étant plus sensibles aux phénomènes d'arrachement qu'aux efforts de compression.
Ainsi, un travail de zoom local a été réalisé sur les zones considérées comme sensibles du projet afin d'obtenir une lecture fine des sollicitations aérodynamiques. Des analyses spécifiques ont notamment été menées sur les mâts lumineux, les mosaïques de façade, les fenêtres ainsi que les garde-corps, afin de caractériser précisément les niveaux de pression atteints et d'orienter le dimensionnement des éléments exposés.
La confrontation entre les résultats CFD et les valeurs analytiques de la norme Eurocode (NF EN 1991-1-4) dans un cas simplifié (pas de bâtiments autour, vent de face) confirme une bonne cohérence entre les deux approches. Les pressions obtenues par simulation numérique sont contenues dans l'intervalle de pression calculé selon la norme, celle-ci restant plus conservative — ce qui valide la pertinence du dimensionnement réglementaire pour la résistance aux charges de vent sur les éléments de façade.
L'étude de confort est conduite pour le vent dominant en vitesse moyenne annuelle — le scénario le plus représentatif des conditions d'utilisation des terrasses (été, mi-saison).
Sécurité et confort des usagers. Au-delà du dimensionnement structurel, des vitesses en terrasse dépassant le seuil de Beaufort 5 peuvent rendre les espaces extérieurs inconfortables, voire dangereux (mobilier déplacé, objets non fixés). L'étude localise ces zones d'accélération pour orienter garde-corps, brise-vent et configuration des usages.

Les champs de vitesse pour chaque niveau de terrasse permettent d'identifier :
Les zones de confort optimal, protégées par les éléments architecturaux.
Les zones d'accélération locale à traiter en conception (garde-corps, brise-vent).
Les terrasses exposées nécessitant des recommandations spécifiques.
L'analyse des vitesses de vent sur les différentes terrasses est interprétée à l'aide de l'échelle de Beaufort, référence internationale permettant de relier les vitesses d'écoulement aux effets ressentis par les usagers. Cette échelle, composée de 0 à 12 niveaux, permet de qualifier de manière qualitative et quantitative l'intensité du vent, depuis des conditions totalement calmes jusqu'à des situations de vent fort pouvant limiter voire interdire certaines activités extérieures.
Dans le cadre d'un IGH, cette lecture est particulièrement pertinente car elle permet de traduire les résultats CFD en critères de confort directement exploitables par les équipes de conception et d'architecture. Les zones identifiées comme étant en dessous des seuils de gêne correspondent généralement à des espaces favorables à l'appropriation par les usagers, tandis que les niveaux supérieurs de l'échelle (Beaufort 5 et au-delà) traduisent des conditions potentiellement inconfortables nécessitant des dispositifs de protection ou une reconfiguration des usages.

Au-delà de la simple identification des zones de confort, l'étude CFD permet d'orienter des principes d'aménagement et de mitigation visant à améliorer le comportement aéraulique des terrasses. L'analyse des champs de vitesse met en évidence les zones d'accélération liées aux effets de débord en toiture, aux angles de la tour ainsi qu'aux discontinuités géométriques. Ces cartes de vitesse rejoignent la démarche décrite dans notre dossier sur les critères et la cartographie du confort au vent.
Afin d'améliorer le confort des usagers, plusieurs leviers de conception peuvent être envisagés : implantation de garde-corps pleins ou semi-perméables, ajout de brise-vent architecturaux, création de volumes tampons ou encore optimisation de la disposition du mobilier et des cheminements. Ces dispositifs permettent de réduire localement les vitesses de vent et de limiter les phénomènes de turbulence, améliorant ainsi significativement le confort d'usage des terrasses en conditions de vent moyen annuel. Cette approche intégrée entre simulation numérique et recommandations architecturales permet d'assurer un équilibre entre performance aéraulique, sécurité des usagers et qualité des usages extérieurs en hauteur.

L'étude CFD réalisée sur la tour CASCADES a permis de mettre en évidence les principaux comportements aérodynamiques du site, notamment les accélérations locales, les effets de canalisation, les zones de recirculation et les fortes expositions en partie haute de l'ouvrage. Cette approche numérique fournit une analyse détaillée, spatialisée et multi-directionnelle des vitesses et des pressions, bien plus fine qu'une approche uniquement analytique.

Contrairement aux méthodes issues de l'Eurocode, volontairement enveloppes et simplifiées, la CFD intègre la géométrie réelle du projet ainsi que son environnement bâti, ce qui permet de mieux représenter les effets de site et les concentrations locales de sollicitations. Elle constitue ainsi un outil complémentaire essentiel, apportant une compréhension plus réaliste et opérationnelle des actions du vent sur l'IGH.
Les études CFD de ce type s'inscrivent dans les pratiques actuelles appliquées aux IGH et aux environnements urbains complexes, où elles sont utilisées pour le dimensionnement des façades, l'optimisation des éléments exposés et l'analyse du confort extérieur. Elles sont particulièrement pertinentes lorsque les approches analytiques atteignent leurs limites en raison de la complexité géométrique et des interactions urbaines, en offrant une représentation tridimensionnelle plus fidèle des écoulements. En perspective, ces outils peuvent être étendus à d'autres enjeux comme le confort thermique extérieur, la dispersion des polluants ou encore l'optimisation énergétique à l'échelle urbaine, confirmant leur rôle croissant dans la conception intégrée des projets architecturaux et urbains.
Savoir-faire : étude de l'impact de la pollution de l'air Savoir-faire : simulation numérique du confort aérauliqueActions du vent sur les IGH, Eurocode et simulation CFD en milieu urbain dense.
Un immeuble de grande hauteur dépasse le tissu urbain environnant et se trouve directement exposé au vent incident. La CFD reproduit la géométrie réelle de la tour et de son environnement bâti, et calcule vitesses et pressions pour toutes les directions de vent — bien plus finement qu'une approche analytique enveloppe. Elle met en évidence les effets de site (accélérations aux arêtes, effet Venturi, zones d'abri) qui conditionnent le dimensionnement des façades et le confort des terrasses.
L'effet Venturi désigne l'accélération du vent lorsqu'il est canalisé dans un couloir formé par des bâtiments rapprochés. Sur la tour Cascades, un couloir amont à l'ouest amplifie significativement les vitesses et génère la pression maximale observée sur les mosaïques de façade. C'est un phénomène typique des environnements urbains denses, que la CFD localise et quantifie.
L'Eurocode NF EN 1991-1-4 est la référence réglementaire pour le calcul des actions du vent sur les structures. Il fournit les vitesses de vent de référence nationales, corrigées des caractéristiques locales (rugosité, topographie, altitude, catégorie de terrain), pour une période de retour de 50 ans. Ces vitesses servent de données d'entrée aux simulations CFD et au dimensionnement des façades et équipements exposés.
On simule les champs de vitesse par niveau de terrasse pour le vent dominant en vitesse moyenne annuelle, puis on interprète les résultats via l'échelle de Beaufort, qui relie vitesses et effets ressentis. En dessous des seuils de gêne, les espaces sont favorables à l'usage ; au-delà de Beaufort 5, les conditions deviennent inconfortables et appellent des dispositifs de protection (garde-corps, brise-vent).
La CFD constitue une alternative numérique aux essais en soufflerie, avec l'avantage de tester rapidement de multiples scénarios (directions de vent, configurations) sur la géométrie réelle du projet. Confrontée aux valeurs analytiques de l'Eurocode dans un cas simplifié, elle montre une bonne cohérence, la norme restant plus conservative. Elle offre une lecture spatialisée et multi-directionnelle inaccessible aux seules méthodes réglementaires. Nous détaillons cette comparaison dans notre dossier la CFD : une alternative aux tests en soufflerie.
Explorez nos expertises, projets et dossiers techniques pour aller plus loin que la FAQ.
Étude CFD des actions du vent sur la tour Cascades à Caen : modèle 3D de la tour et de son environnement bâti, vents extrêmes 50 ans selon l’Eurocode NF EN 1991-1-4, analyse multi-directionnelle des vitesses et des pressions de façade, effets de site (effet Venturi, accélérations aux arêtes, zones d’abri) et évaluation du confort au vent des terrasses via l’échelle de Beaufort.
Confort piétonConfort piétonnier — La Défense
Énergie solaireImpact du vent — centrale solaire
RooftopRooftop d’un palace — Casablanca
SolaireMaîtrise de l'érosion éolienne — centrale solaire
Confort piétonConfort aéraulique — Collège
RooftopConfort au vent — Rooftop
Qualité d’airQualité d’air — Gare RER Issy
SécuritéSécurisation site commercial — Risque au vent
IGHImpacts du vent — Tours Olympiades — Paris
SportConfort au vent — Centre d’entraînement PSG
Potentiel éolienÉtude du vent — La Défense
IGHTour Liberté — La Défense
Qualité d’airCaptation des particules fines — Métro
Potentiel éolienBalenciaga — Potentiel éolien
Expertises CFD, projets livrés et dossiers techniques : tout le domaine Air & Vent, réuni en un point d'accès.
Le plus simple, c'est d'en discuter ensemble. Nos ingénieurs vous répondent avec une première lecture technique.