
Étude CFD du confort au vent sur les balcons d'une barre d'immeuble : quand le vent les rend-il inoccupables, et quelles protections pour les utiliser toute l'année ?
Avant la construction d'un immeuble comportant des espaces extérieurs privatifs comme des balcons, il est nécessaire d'évaluer le confort au vent des occupants et d'identifier les zones potentiellement problématiques. EOLIOS a mené cette étude par simulation CFD de l'aéraulique extérieure autour du bâtiment.
La solution étudiée ici est celle des panneaux coulissants, qui ne ferment pas totalement le balcon. Les vents sont plus froids et de plus forte amplitude en hiver : sans protection adaptée, les balcons deviennent alors inutilisables. L'objectif : vérifier le profil de vitesse du vent sur les balcons, surtout aux étages les plus hauts, puis proposer des alternatives pour optimiser le confort des habitants.
L'essentiel — Étude CFD du confort au vent sur les balcons d'une barre d'immeuble : l'analyse climatique (roses des vents) et la simulation des écoulements identifient les balcons inconfortables — inconfort dès 1 m/s — puis évaluent trois protections (panneaux coulissants, espaces clos, garde-corps vitrés). Les panneaux coulissants ressortent comme le meilleur compromis : aération l'été, jardin d'hiver à effet de serre l'hiver.

Les balcons sont par nature exposés au vent. Selon son amplitude, celui-ci peut les rendre inutilisables — il faut donc s'assurer d'un bon niveau de confort, au moins au printemps et en été. Un balcon est jugé inconfortable dès que la vitesse d'air dépasse 1 m/s, seuil bien plus bas qu'en zone piétonne car on y est le plus souvent assis ou immobile.
V < 0,2 m/s : air d'un espace fermé · 0,2–0,5 : fenêtre ouverte, léger courant d'air · 0,4–1 : brise · V > 1 : comparable à un ventilateur en marche · V > 2 : vent désagréable.

La simulation CFD restitue les phénomènes aérauliques induits par la géométrie particulière des balcons en calculant l'écoulement de l'air autour du bâtiment. L'intérieur de l'immeuble n'ayant pas d'influence sur ces écoulements extérieurs, seuls les balcons et la façade ont été modélisés en détail.
Selon l'origine du vent, des recirculations apparaissent à l'arrière du bâtiment : une partie de l'air arrivé au sol, ralenti par les frottements, remonte le long de la façade et s'engouffre dans certains balcons — générant un inconfort alors même que le vent ne souffle pas vers la façade. Ce phénomène doit être anticipé dès la conception.


Une étude locale des vitesses d'air, balcon par balcon, fournit les vecteurs vitesse en chaque point. Elle distingue les zones de recirculation — sans gêne réelle — des zones de fortes vitesses et de passage d'air, qui sont, elles, à traiter en priorité.
À retenir — le seuil d'inconfort d'un balcon (1 m/s) est très bas : on y recherche le calme, pas seulement l'absence de danger. D'où l'intérêt de protections modulables, qui préservent l'aération l'été tout en coupant le vent froid l'hiver.
Pour protéger les habitants du vent, plusieurs dispositifs sont envisageables — brise-vent artificiels ou végétaux, espaces clos, garde-corps vitrés. Trois pistes ont été comparées :
Panneaux coulissants — mobiles, ils s'ouvrent l'été pour aérer et éviter les surchauffes, et se ferment l'hiver pour créer un jardin d'hiver à effet de serre, réchauffant le balcon et réduisant le chauffage. Le meilleur compromis pour ce projet.
Espaces clos — totalement isolés de l'extérieur, ils suppriment le vent mais provoquent des surchauffes l'été et font perdre la sensation d'être dehors.
Garde-corps vitrés & brise-vent — palissades fixes, auvents ou haies brise-vent végétales, à positionner selon les zones exposées identifiées par la simulation.



En traitant en priorité les seules zones critiques identifiées par la simulation, on maximise le gain de confort tout en maîtrisant le coût et l'impact architectural. Bien conçus, ces aménagements rendent les balcons pleinement utilisables — aérés l'été, tempérés l'hiver.
Savoir-faire : la mesure et la simulation du confort au vent en milieu urbainConfort au vent sur les balcons, recirculations et protections modulables.
Au-delà d'environ 1 m/s, le balcon est jugé inconfortable — un seuil bien plus bas qu'en zone piétonne, car on y est le plus souvent assis ou immobile.
Selon l'orientation du vent, des recirculations se forment à l'arrière du bâtiment : l'air ralenti au sol remonte le long de la façade et s'engouffre dans certains balcons. Ce mécanisme est proche de celui étudié dans l'étude des pressions du vent.
Mobiles, ils s'ouvrent l'été pour aérer et éviter les surchauffes, et se ferment l'hiver pour créer un jardin d'hiver à effet de serre qui réchauffe le balcon et réduit le chauffage.
Pas forcément : un espace entièrement clos supprime le vent mais provoque des surchauffes l'été et fait perdre la sensation d'extérieur. Les panneaux coulissants offrent un meilleur compromis.
L'intérieur de l'immeuble n'influence pas l'écoulement d'air extérieur au droit des balcons. Seuls les balcons et la façade sont donc modélisés en détail, pour concentrer la précision là où elle compte.
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