Salle de serveurs d'un data center modélisée en CFD
Accueil/Data Center/CFD interne des salles serveurs
Expertise · Data Center

CFD interne des salles serveurs.

Chaque salle IT possède sa propre signature aéraulique. La simulation CFD la reconstitue en 3D pour traquer les points chauds, garantir la température d'entrée d'air de chaque baie et tester virtuellement toute évolution avant de la réaliser.

CAT / SIT critères hyperscaleScénarios de défaillanceHaute densité & DLCLecture quelques minutes
Défiler
Conformité baie par baie

Température d'entrée d'air validée sur la plage ASHRAE 18–27 °C, pas en moyenne de salle.

Scénarios de crise

Pannes de CRAH, coupures de courant et relances simulées en transitoire avant construction.

Haute densité maîtrisée

Bilan capacitaire, mix cooling air / DLC / portes froides et confinement arbitrés avec réalisme.

01 — Enjeux

Pourquoi simuler l’intérieur d’une salle serveurs ?

La simulation CFD interne des salles serveurs est le cœur historique d’EOLIOS : plus de 350 data centers étudiés dans 20 pays. Nous travaillons pour tout type de salle, du data hall hyperscale à la salle d’entreprise ou de colocation, en conception comme sur les centres existants, que nous auditons et modélisons. Car la climatisation d’une salle IT peut être correctement dimensionnée en puissance et pourtant échouer localement : tout se joue dans la distribution de l’air.

Les bilans thermiques globaux garantissent que la puissance froide installée couvre la puissance dissipée. Ils ne disent rien de l’essentiel : la température de l’air qui entre réellement dans chaque serveur. Entre l’unité de climatisation et la baie, l’air se mélange, contourne, recircule ; deux baies voisines peuvent aspirer un air à 10 °C d’écart. C’est ce trajet invisible que la simulation CFD rend visible.

Ce que le calcul global ne voit pas

  • Points chauds locaux. Une baie en haut de rangée peut dépasser la plage ASHRAE alors que la moyenne de la salle est conforme.
  • Gaspillages aérauliques. L’air froid qui rejoint la reprise sans avoir traversé un serveur est de l’énergie dépensée pour rien.
  • Effets d’implantation. Une dalle perforée déplacée, une baie vide sans obturation ou un chemin de câbles suffisent à changer le comportement.
  • Comportement en panne. Le temps disponible avant surchauffe lors de l’arrêt d’une unité ne se devine pas, il se calcule en transitoire.

Ce que la simulation CFD interne sécurise

Diagnostic

  • T° d’entrée d’air de chaque baie
  • Points chauds localisés et expliqués
  • Bypass et recirculations quantifiés

Analyse

  • Pire panne recherchée, redondance validée
  • Coupure de courant suivie minute par minute
  • Densifications et consignes testées

Conception

  • Urbanisation des allées et calepinage
  • Confinement arbitré sur votre géométrie
  • Mix air / DLC validé, pas seulement dessiné
Repère

La plage ASHRAE, référence contractuelle

Les recommandations ASHRAE TC 9.9 fixent la plage d’aspiration des équipements de classes A1 à A4 entre 18 et 27 °C. C’est le critère que la simulation vérifie baie par baie, bien plus exigeant qu’une moyenne de salle.

02 — Aéraulique

L’aéraulique d’une salle serveurs

L’organisation de référence sépare les flux en allées froides, où l’air neuf est insufflé devant les faces avant des baies, et en allées chaudes, qui collectent l’air rejeté à l’arrière. Le plénum de faux-plancher, les dalles perforées et les unités CRAC/CRAH ferment la boucle.

Schéma de la circulation de l'air dans un data center
Schéma de la circulation de l'air, du plénum aux allées chaudes
Identification des points chauds en entrée de serveurs
Simulation CFD — recherche de points chauds

Cette séparation n’est jamais parfaite. Deux phénomènes la dégradent, et ce sont eux que la CFD quantifie précisément.

La lecture thermique : bypass, recirculation et points chauds

Le bypass

  • L’air froid rejoint directement la reprise sans traverser de serveur : dalles mal placées, surpression excessive, fuites du plancher. De l’énergie de refroidissement perdue.

La recirculation

  • L’air chaud reflue vers les aspirations, par-dessus les baies ou par les U libres : c’est le mécanisme de formation des points chauds, en haut de baie notamment.
L’écart invisible
10 °Cd’écart peuvent séparer l’air aspiré par deux baies voisines, dans une salle pourtant conforme en moyenne.

« Savez-vous quelle température entre réellement dans votre baie la plus exposée ? »

Haut de baiela recirculation frappe d’abord les U supérieurs, loin des sondes d’allée
Bout de rangéeles extrémités de rangée aspirent l’air chaud qui contourne la séparation
Moyenne trompeuseune salle conforme en moyenne peut cacher des baies hors plage

La lecture en pression : le différentiel allée froide / allée chaude

Définition · Différentiel de pression

L’air circule toujours de la zone de haute pression vers la zone de basse pression. Maintenir l’allée froide en légère surpression par rapport à l’allée chaude, de l’ordre de quelques pascals, garantit que l’air frais traverse effectivement les baies au lieu de les contourner. Le champ de pression est la clé de lecture d’une salle : c’est lui que la CFD restitue en premier.

Quelques pascals suffisent à faire basculer une salle d’un régime à l’autre, et c’est tout l’enjeu du réglage : trop peu de pression côté froid et l’air chaud reflue vers les aspirations, trop de pression et l’air froid court-circuite les serveurs pour repartir en reprise. La jauge ci-dessous résume cette lecture, celle que nos ingénieurs appliquent dès le premier calcul, unité par unité et dalle par dalle.

Différentiel de pression allée froide / allée chaudePa · échelle −4 → +12
−2 PaDépression : recirculation +3 PaLégère surpression : la cible +10 PaSurpression excessive : bypass
L’air frais traverse les baies quand l’allée froide reste en légère surpression. En dépression, l’air chaud reflue vers les aspirations ; en surpression excessive, l’air froid contourne les serveurs et repart directement en reprise. Valeurs indicatives.
Plan de pression d'une salle serveurs hyperscale simulée en CFD
Champ de pression d'une salle hyperscale — les déséquilibres révèlent bypass et recirculations
03 — Modèle

Ce que reconstitue le modèle CFD

Le modèle reproduit la salle telle qu’elle est, ou telle qu’elle sera : géométrie, équipements et régimes de fonctionnement. Il résout ensuite les équations de la mécanique des fluides sur des millions de mailles pour restituer les champs de vitesse, de température et de pression en tout point.

Les ingrédients du modèle

  • Géométrie complète. Baies, allées, faux-plancher et son encombrement (câbles, fluides), faux-plafond, obstacles.
  • Équipements actifs. Unités CRAC/CRAH ou InRow avec leurs débits et consignes, ventilateurs des serveurs, dalles perforées avec leur perméabilité.
  • Charges réelles. Puissance dissipée baie par baie, y compris les baies hétérogènes ou partiellement équipées.
  • Dispositifs de confinement. Portes, toits, panneaux d’obturation, rideaux, avec leurs fuites réelles.
  • Fuites réalistes. Aucun confinement n’est étanche : le modèle intègre un taux de fuite documenté, réparti autour des baies et aux jonctions du confinement.
  • Masse thermique. Dalle, ossature acier des baies, serveurs, unités de froid et faux-plafond : indispensable dès que l’on passe au calcul transitoire.
Hypothèses types · référentiels hyperscale
Charge IT90 à 100 % de la capacité contractuelle de la salle, distribution uniforme ou hétérogène dans les baies
ConfinementAllée chaude par défaut, prise en compte des fuites autour des baies et aux jonctions du confinement
Débit d’airDébit de soufflage indexé sur la puissance IT installée, ventilation des serveurs et fuites comprises
CapteursConsigne lue en allée froide à hauteur des sondes de supervision (BMS)
Masse thermiqueDalle, ossature des baies, serveurs, faux-plafond : comptabilisée pour le transitoire
MétéoJour de conception ASHRAE : extrêmes de température sèche et humide, récurrence 50 ans
Hypothèses par défaut des cahiers des charges de colocation, ajustées aux données réelles de chaque site : fiches techniques des grilles et diffuseurs, gains des ventilateurs de soufflage, séquence d’exploitation.

La qualité du résultat tient à la fidélité de ces entrées. Sur une salle existante, une campagne de mesures (températures, débits, thermographie, tests fumigènes) permet de calibrer le modèle : le jumeau numérique reproduit d’abord l’état observé, puis sert de banc d’essai fiable pour les modifications. Cette étape n’a rien d’obligatoire : sur un projet neuf, le modèle travaille directement à partir des plans et des données constructeur.

Cartographie CFD 3D des points chauds d'une salle de serveurs
Recherche de points chauds — cartographie 3D
« Le débit d’air d’une grille de faux plancher technique peut varier de plus de 50 % selon son positionnement, la configuration de la salle et son éloignement des systèmes de climatisation. »
En savoir plus : le jumeau numérique de data center
04 — Critères

ASHRAE, CAT, SIT : les critères qui font foi

Une salle ne se juge pas « en moyenne ». Les référentiels CFD des grands opérateurs de colocation et d’hyperscale reposent sur deux températures normalisées, que chaque cas simulé doit respecter.

Définition · SIT (Server Inlet Temperature)

Température de l’air qui entre dans chaque serveur, à sa face avant. C’est le critère le plus exigeant : il ne tolère aucun point chaud, même très localisé, même en haut de la dernière baie de la rangée.

Définition · CAT (Cold Aisle Temperature)

Température mesurée au centre de l’allée froide, à hauteur des capteurs de supervision (BMS). C’est le critère lisible en exploitation, celui sur lequel s’appuient les consignes de régulation.

Les seuils exacts varient d’un opérateur à l’autre et dépendent du mode de refroidissement : plus stricts pour les architectures à groupes froids, élargis pour le free cooling et le refroidissement évaporatif. Tous s’inscrivent dans le cadre public ASHRAE TC 9.9 : la plage recommandée de 18 à 27 °C, puis les plages admissibles des classes A1 à A4 qui autorisent des excursions maîtrisées. Dans tous les cas, la conformité se juge avec N unités de froid, la redondance étant consommée, sur l’humidité comme sur la température ; en transitoire, une tolérance supérieure s’applique, mais strictement chronométrée.

Température d’entrée serveur (SIT)°C · échelle 20 → 40
27 °CLimite recommandée ASHRAE 32 °CLimite admissible · classe A1 35 °CLimite admissible · classe A2
Sous 27 °C, la salle est dans la plage recommandée ASHRAE. Au-delà, on consomme les plages admissibles des classes d’équipement : chaque référentiel d’opérateur y place ses propres seuils, en régime N comme en transitoire.

La restitution par tranches de SIT

Le rapport ne se contente pas d’un minimum et d’un maximum : chaque baie est classée par tranche de SIT, cas par cas. Cette lecture montre d’un coup d’œil combien de baies sont conformes, combien vivent sur la marge et où se concentrent les dépassements.

Synthèse SIT · baies classées par tranche
Cas nominal · toutes unitésHaute densité · N unités
≤ 27 °C100 %80 %
27–32 °C0 %12 %
32–35 °C0 %7 %
> 35 °C0 %1 %
Exemple de restitution, valeurs illustratives : part des baies par tranche de température. Le verdict se lit d’un coup d’œil, combien de baies sont hors plage, dans quel cas, et de combien.
05 — Scénarios

Scénarios : la cascade des cas, du nominal à la pire panne

Le régime nominal

Le premier calcul établit la cartographie de référence : température d’entrée d’air de chaque baie, débits réellement délivrés par chaque dalle, équilibre des pressions. Il révèle les points chauds existants et hiérarchise les corrections : réglage des dalles, obturation des U libres, rééquilibrage des débits, confinement, jusqu’aux réglages fins comme l’implantation des grilles, les points de consigne des CRAC/CRAH ou la température d’eau glacée.

Les questions types que la simulation tranche

  • Secours. Les climatiseurs de secours supporteront-ils la charge en cas de panne d’une unité principale ?
  • Densification. Que se passe-t-il si l’on ajoute une baie haute densité dans cette rangée ?
  • Urbanisation. La salle fonctionnerait-elle mieux avec un autre agencement IT ou un autre mode de refroidissement ?
  • Consignes. Que devient la conformité si la température de l’air soufflé ou de l’eau glacée augmente ?

La cascade des cas des référentiels hyperscale

Les cahiers des charges CFD des opérateurs hyperscale et de colocation ne laissent pas le choix des scénarios : ils imposent une démarche en cascade, où chaque cas hérite du précédent et répond à une question précise. Nos études la suivent nativement.

Cascade type · étude CFD interne
C1Densité moyenne, toutes les unités de froid en serviceLa salle est-elle conforme baie par baie en régime nominal ?Permanent
C2Densité moyenne, N unités : la pire panne recherchéeQuelle combinaison d’arrêts, mécanique ou électrique, pénalise le plus la salle ?Permanent
C3Baies haute densité aux positions les plus défavorablesLes emplacements faibles identifiés en C2 acceptent-ils les baies maximales ?Permanent
C4Espacements et mix de densitésQuel calepinage rend le déploiement conforme : espacement, rangées dédiées, panachage ?Permanent
LCSalle hybride air / liquid coolingLe débit d’air résiduel suffit-il aux baies restées refroidies par air ?Permanent
TRCoupure de courant et défaillance d’un groupe au démarrageCombien de minutes avant les seuils critiques, et comment revient-on au nominal ?Transitoire
Chaque cas hérite du précédent : les unités arrêtées en C2 le restent en C3 et C4, et l’ensemble se simule sous le pire cas de la CFD externe.

Les scénarios de panne

Une salle conforme en régime nominal peut basculer en quelques minutes dès qu’un équipement s’arrête. La simulation évalue d’abord les pannes courantes d’exploitation : perte d’un ou plusieurs systèmes de climatisation, mise à l’arrêt d’une unité pour maintenance, fermeture d’un registre. La recherche du pire cas est systématique : on ne retire pas une unité au hasard, on re-simule plusieurs combinaisons d’arrêts, y compris les défaillances électriques, un seul tableau pouvant mettre à l’arrêt plusieurs unités à la fois. Sur le modèle calibré, on vérifie que les climatiseurs restants tiennent la charge sans qu’aucune baie ne sorte de la plage admissible, on identifie les rangées les plus exposées et on valide concrètement la redondance annoncée (N+1, 2N) plutôt que de la supposer acquise.

Les projets d’évolution

Densification, arrivée de baies IA ou HPC à forte puissance, passage au confinement, relèvement des consignes pour améliorer le PUE : chaque variante est testée virtuellement sur le modèle calibré. Les arbitrages se font sur des cartes de température comparées, pas sur des règles forfaitaires. Une campagne d’évolution ne s’arrête d’ailleurs pas à la salle IT : la charge supplémentaire se répercute sur les onduleurs, les TGBT et les batteries, dont le refroidissement relève de l’étude thermique des locaux techniques. Le même modèle permet enfin de séquencer les travaux : quelles baies déplacer d’abord, quelles unités arrêter pendant la migration, et dans quel ordre, sans jamais sortir de la plage admissible.

L’étude interne s’articule enfin avec la simulation CFD externe de data center : recyclage des panaches d’air chaud en toiture et pertes de puissance des aéroréfrigérants en conditions extrêmes conditionnent directement la capacité de refroidissement disponible en salle. Les référentiels l’imposent d’ailleurs explicitement : les cas internes se simulent sous le pire scénario de la CFD externe, en intégrant le déclassement des équipements de production de froid qui en découle.

Étude CFD interne — data center
06 — Transitoire

Coupure de courant : les minutes qui comptent

Le scénario le plus critique se traite en régime transitoire : que se passe-t-il lors d’une coupure de courant sur le site ? Le calcul suit la montée en température minute par minute et chiffre le temps disponible avant d’atteindre les seuils critiques des serveurs. Il intègre l’inertie de la boucle d’eau glacée, la séquence de bascule sur onduleurs puis groupes électrogènes et la relance des équipements de secours, en pointant les serveurs les plus défavorisés. Ce délai objectif devient l’entrée clé des procédures d’exploitation et du dimensionnement des secours.

Séquence type · transitoire de coupure
T0Coupure secteur

Le soufflage s’effondre, la salle vit sur son inertie : dalle, ossature des baies, volume d’eau glacée.

Régime établi rompu
BasculeDéfaillance au démarrage

Le pire cas est retenu : un groupe électrogène refuse de démarrer, la charge bascule sur le groupe suivant selon la séquence du site.

Défaillance simple
RelanceRetour du froid

Redémarrage des groupes froids, montée en régime des pompes et des ventilateurs : des timings issus des essais constructeurs, pas du catalogue.

Ramp-up mesuré
StabilisationRetour au nominal

Le calcul se poursuit jusqu’au retour à l’équilibre, recharge des volants d’inertie thermique comprise.

Équilibre vérifié
T0 · la salle vit sur son inertiePic de température avant retour du froid

Rien n’y est forfaitaire. Chaque source d’inertie thermique est justifiée : volume de la boucle d’eau glacée, volants de stockage, masse de la dalle et des baies. Les temps de redémarrage des groupes froids et des générateurs proviennent des essais en usine (FAT) lorsqu’ils ont eu lieu ; à défaut, la simulation est reprise dès que les essais livrent les timings réels. Et lorsque le site dispose d’un froid continu secouru, l’étude transitoire sert alors à en dimensionner l’inertie plutôt qu’à en démontrer la nécessité. Ces réserves de froid font d’ailleurs l’objet d’études CFD à part entière : la stratification des ballons de stockage thermique conditionne l’énergie réellement restituable au moment de la coupure, et le comportement hydraulique de la boucle d’eau glacée et de ses réseaux fixe la vitesse à laquelle ce froid atteint les salles.

Le verdict transitoire
Quelques minutesle verdict se joue en minutes : temps disponible avant les seuils critiques, temps cumulé toléré au-dessus du seuil d’alerte, temps de retour au nominal.

« Combien de minutes votre salle tient-elle sans froid ? La réponse se calcule, elle ne se devine pas. »

Inertie objectivéechaque source comptabilisée et justifiée : dalle, ossature, boucle d’eau, volants thermiques
Séquence réelletentatives de démarrage des groupes et bascules simulées selon la séquence d’exploitation du site
Marge sprinklertempérature d’allée chaude comparée au seuil de déclenchement des têtes d’extinction

Un critère souvent oublié complète l’analyse : la température atteinte en allée chaude est comparée au seuil de déclenchement des têtes de sprinkler, pour vérifier qu’une coupure électrique ne peut pas dégénérer en déclenchement intempestif de l’extinction incendie au-dessus des baies.

07 — Confinement & DLC

Confinement, haute densité et liquid cooling

Le confinement physique des allées est le levier le plus structurant pour séparer les flux. Le choix de la configuration dépend de la salle, de sa hauteur, de son mode de reprise d’air et de ses contraintes d’exploitation : la CFD permet de comparer les options sur votre géométrie réelle.

Comparaison des stratégies de gestion des flux en salle serveurs : efficacité de séparation et contraintes.
StratégieSéparation des fluxInvestissementContraintesCas typique
Allées alternées sans confinementLimitéeMinimalRecirculation en haut de baieSalles peu denses, existant
Confinement d’allée froideBonneModéréVolume confiné à sécuriser (incendie)Faux-plancher avec soufflage par dalles
Confinement d’allée chaudeTrès bonneModéré à élevéTempérature élevée dans l’allée confinéeReprise en faux-plafond, salles neuves : le standard des référentiels hyperscale
Refroidissement rapproché (InRow)ExcellenteÉlevéRéseau d’eau glacée en salleZones haute densité, IA / HPC

Dans tous les cas, l’efficacité réelle dépend des fuites : panneaux manquants, passages de câbles, baies vides. La simulation en tient compte et évite de surestimer le gain d’un confinement théoriquement parfait.

Le confinement est aussi un levier financier : il peut ouvrir droit aux certificats d’économies d’énergie (CEE) au titre de la fiche dédiée au confinement d’allées en salle informatique. Une étude CFD documentée, avec gains chiffrés avant/après, constitue une pièce solide pour instruire la demande.

Accueillir la haute densité et le DLC dans une salle existante

L’intégration de baies haute densité ou refroidies par liquide (DLC, Direct Liquid Cooling) bouscule les salles existantes et impose une réflexion en deux temps. D’abord un bilan capacitaire : la simulation projette les ressources réellement disponibles (puissance électrique, production de froid, débits), elle ne les invente pas. Ensuite les contraintes physiques que le calcul n’adresse pas directement : résistance du plancher, zones de circulation, gestes de maintenance et rotation des machines. Ces vérifications préalables conditionnent la valeur de l’étude.

Vient alors l’arbitrage du « mix cooling » : faire cohabiter dans la même salle le refroidissement par air, le DLC et les portes froides. La CFD compare les répartitions possibles et révèle les effets insoupçonnés : vortex et dépressions locales, dissipation calorifique des gaines à barres, pertes de charge des réseaux hydrauliques.

Salles hybrides : l’air et le liquide cohabitent

Le liquid cooling ne supprime pas l’aéraulique, il la reconfigure. Une part de la chaleur reste rejetée à l’air : électronique périphérique des baies DLC, alimentations, échangeurs des CDU, et les baies classiques que les référentiels imposent d’intercaler entre les positions liquides. Les cahiers des charges exigent ainsi de maintenir un débit d’air minimal, fraction du débit nominal définie par le référentiel : la CFD vérifie que ce débit résiduel, délivré par moins d’unités, atteint encore chaque baie restée refroidie par air.

Le modèle intègre les CDU, les réseaux hydrauliques passant en allée chaude au-dessus des baies avec leurs limites de charge par antenne, les unités de froid à air désactivées pour libérer de la place, et l’encombrement induit dans le plénum. La répartition air/liquide de chaque rangée s’arbitre sur des cartes de température, position par position, y compris pour les déploiements futurs que la salle devra absorber.

En savoir plus : le refroidissement électronique (DLC, immersion)
08 — EOLIOS

La méthode EOLIOS

EOLIOS est un bureau d’études d’ingénieurs spécialisés dans le design climatique des data centers. La CFD interne n’est pas pour nous un exercice de visualisation : c’est un outil de conception, adossé à une pratique quotidienne des salles IT.

Nos équipes conçoivent et fiabilisent des salles serveurs pour les acteurs de l’hyperscale, de la colocation et des infrastructures d’entreprise, en France et à l’international. Nous intervenons sur tout le cycle de vie : dimensionnement climatique dès l’esquisse, urbanisation des allées, validation de la redondance en scénario extrême, commissioning par bancs de charge, puis accompagnement de l’exploitation via le jumeau numérique. Cette double culture, conception et exploitation, nous permet de traduire chaque simulation en plans d’actions réalistes, compatibles avec les gestes d’exploitation et la continuité de service. Investisseurs, intégrateurs et exploitants s’appuient sur nos études pour arbitrer leurs choix d’architecture climatique et documenter leurs engagements de disponibilité.

Car l’outil ne fait pas tout : sans lecture d’exploitant, une simulation reste une image. Chaque étude débouche sur des préconisations concrètes et directement applicables (stratégies de régulation, modes dégradés, indicateurs de suivi), hiérarchisées selon deux priorités constantes : la continuité de service et l’efficacité énergétique.

Nos études répondent nativement aux cahiers des charges CFD des opérateurs hyperscale et de colocation : cascade de cas imposée, critères CAT/SIT, contenus minimaux de rapport, livrables en anglais lorsque le référentiel l’exige. Et parce qu’un projet n’attend pas : notre puissance de calcul dédiée nous permet d’assurer des simulations en urgence, avec des premiers résultats en quelques jours lorsque le besoin client l’exige.

Conforme aux référentiels CFD des hyperscalers

  • Cascade de cas imposée : densité moyenne toutes unités, pire cas N recherché, haute densité aux pires positions, mix de densités, transitoire, liquid cooling.
  • Plans de température, vitesse et pression à 1 m et 2 m du sol, au-dessus du faux-plafond et en coupe devant l’allée la plus défavorisée, avec minimum, maximum et moyenne.
  • Débits et températures restitués grille par grille, fiches techniques des dalles et diffuseurs annexées au rapport.
  • Table de synthèse SIT par tranches et par cas, schedule des unités de froid en mode normal et dégradé.

Les résultats prennent la forme d’images et d’animations 3D compréhensibles par tous les acteurs du projet, de l’investisseur à l’exploitant, exploitables en réunion comme en dossier technique. Lorsque la confidentialité l’exige, les modèles ne sont lisibles que via un lecteur dédié fourni par EOLIOS.

Le déroulé d’une étude

  • Audit et collecte. Plans, inventaire des baies et puissances, consignes CVC ; sur l’existant, mesures in situ et tests fumigènes.
  • Modélisation 3D. Salle, plénum, équipements et confinement, avec un maillage adapté aux zones sensibles.
  • Calibration. Le modèle reproduit l’état mesuré avant toute extrapolation.
  • Scénarios. Nominal, pannes en transitoire, variantes d’implantation et de densification.

Ce que nous livrons

  • Cartographies 3D de température, vitesse et pression, baie par baie.
  • Tableau de conformité ASHRAE des températures d’entrée d’air, avec table SIT par tranches cas par cas.
  • Quantification du bypass et de la recirculation, plan d’actions hiérarchisé.
  • Restitution grille par grille des débits et températures de soufflage.
  • Courbes de montée en température par scénario de panne et temps disponibles.
En savoir plus : qu’est-ce que la simulation CFD ?
FAQ

Questions fréquentes

Ce que les exploitants et maîtres d’ouvrage nous demandent le plus souvent sur la simulation CFD interne d’une salle serveurs.

Faut-il arrêter la salle pour réaliser l’étude ?

Non. L’étude se mène sur un modèle numérique, sans interruption de service. La seule intervention sur site est une campagne de mesures non intrusive (températures, débits, thermographie), réalisée salle en fonctionnement.

Partez-vous des plans ou de mesures sur site ?

Les deux. Sur un projet neuf, le modèle part des plans et des fiches techniques des équipements. Sur une salle existante, il est calibré sur des mesures réelles : il reproduit d’abord l’état observé avant de servir de banc d’essai fiable.

Qu’est-ce que la SIT, et en quoi diffère-t-elle de la température d’allée froide ?

La SIT (Server Inlet Temperature) est la température de l’air qui entre dans chaque serveur, à sa face avant. La CAT (Cold Aisle Temperature) est mesurée au centre de l’allée froide, à hauteur des capteurs de supervision. Une salle peut être conforme en CAT et non conforme en SIT en haut de baie : c’est pour cela que les référentiels jugent la salle serveur par serveur.

Combien de temps dure une étude CFD interne ?

De deux à quatre semaines selon la taille de la salle, le nombre de scénarios et la disponibilité des données. Une salle existante à auditer et calibrer demande davantage de temps qu’un cas de conception à partir de plans. En urgence, notre puissance de calcul dédiée permet des premiers résultats en quelques jours.

La CFD remplace-t-elle les sondes de température ?

Non, elle les complète. Les sondes mesurent quelques points à un instant donné ; la simulation restitue les champs de température, de vitesse et de pression en tout point et permet de tester des scénarios qu’on ne peut pas provoquer en production, comme une coupure de courant.

À partir de quelle densité l’étude devient-elle indispensable ?

Dès que la puissance par baie sort des standards (au-delà de 8 à 10 kW), que le confinement est en jeu ou que des baies IA/HPC à forte densité sont introduites. En dessous, elle reste utile pour valider une redondance ou objectiver un point chaud persistant.

Vos études répondent-elles aux référentiels CFD des hyperscalers ?

Oui, nativement. Cascade de cas imposée (densité moyenne, pire cas N, haute densité aux pires positions, mix de densités), critères CAT/SIT, transitoire de coupure avec défaillance d’un groupe au démarrage, restitution grille par grille et tables SIT par tranches : nos rapports suivent ces cahiers des charges, en français comme en anglais. Notre livre blanc sur l’utilisation de la CFD pour les data centers en détaille la démarche.

Nos références
+ de 0data centers étudiés
0 ansd'expertise en simulation CFD
0de salles IT simulées
0 paysoù nous sommes intervenus
Ils nous font confiance
Médiathèque · Data Center

Le climat d'une salle serveurs.

Jumeau numérique, points chauds, recirculations : la CFD rend visible la thermique de vos data centers.

Toute la médiathèque
Étude CFD interne — data centerSimulation CFD interne
Cas d'usage · Secteurs

Où intervient notre expertise « CFD interne » ?

Dès qu'une salle de serveurs combine forte densité, redondance et exigence de disponibilité, la CFD interne sécurise la conception et l'exploitation. Voici les contextes types.

Explorer le domaine

Data Center : continuez la visite.

Expertises CFD, projets livrés et dossiers techniques : tout le domaine Data Center, réuni en un point d'accès.

CFDIngénieurs experts
20+Pays d’intervention
R&DRecherche & innovation
Vous avez un projet ?

Le plus simple, c'est d'en discuter ensemble.

Une salle de serveurs à concevoir, fiabiliser ou densifier ? Nos ingénieurs vous répondent avec une première lecture technique.