Livre blanc · La simulation CFD pour les data centers
Densité, allées, plénums, aéroréfrigérants, incendie, PUE : tout le comportement thermo-aéraulique d'un centre de données se joue sur des écoulements d'air. Méthode, référentiels et limites, en 21 chapitres.
Ce livre blanc est écrit pour être lu de deux façons. Il n'y a pas de contenu réservé : tout ce qui suit est également publié en accès libre sur eolios.fr.
Le résumé exécutif donne les dix points structurants. Le chapitre 05 explique comment une salle se note objectivement, le 18 le déroulé et les délais d'une étude, le 21 les questions à poser à un prestataire.
Contexte et référentiels, puis la physique et la méthode de simulation, puis ce que l'on simule réellement : relevé terrain, régime nominal, scénarios de défaillance, CFD externe, incendie et PUE.
La simulation CFD reconstitue les écoulements d'air et les températures d'un data center baie par baie. Elle sert à trois choses : prouver qu'une conception tient ses températures d'admission, diagnostiquer des points chauds existants, et tester des scénarios de panne sans risque d'exploitation. Sa valeur ne vient pas du logiciel, mais du périmètre retenu, des conditions aux limites et de la validation sur mesures.
Ce livre blanc s'adresse à deux lecteurs. Le décideur trouvera ici l'essentiel en trois minutes. L'ingénieur trouvera dans les 21 chapitres qui suivent la physique, les hypothèses, les métriques et les protocoles : y compris ce que la CFD ne sait pas faire.
Ce qui a changé dans les salles, ce que disent les référentiels, et le vocabulaire d'ingénierie nécessaire pour décrire une pathologie sans ambiguïté.
La quasi-totalité de l'électricité entrant dans un data center en ressort sous forme de chaleur. Le sujet n'est donc pas « produire du froid », mais évacuer une puissance thermique de plus en plus concentrée dans un volume qui, lui, n'a pas grandi.
La demande d'infrastructures numériques a changé d'ordre de grandeur. Selon l'Agence internationale de l'énergie, les centres de données ont consommé environ 415 TWh en 2024, soit près de 1,5 % de la consommation électrique mondiale, avec une croissance d'environ 12 % par an depuis 2017 ; le scénario de référence les porte à 945 TWh en 2030, un doublement en six ans. Cette croissance ne se traduit pas seulement par plus de bâtiments : elle se traduit par plus de watts par mètre carré de dalle.
À 5 kW par baie, le volume de la salle pardonne les approximations. À 40 kW, il ne pardonne plus rien : la même erreur de distribution ne coûte plus un degré, mais cinq.
Chapitre 01 · l'effet de la densitéC'est là que se situe la rupture d'ingénierie. Une salle conçue autour de 5 kW par baie tolère beaucoup d'approximations : le volume d'air de la salle sert d'amortisseur, les erreurs de distribution se diluent, et une panne de climatisation laisse plusieurs dizaines de minutes de marge. À 15, 30 ou 60 kW par baie, la même erreur de distribution de 10 % ne produit plus un degré d'écart mais cinq, la moindre fuite d'air chaud devient un point chaud, et le temps disponible avant dépassement des seuils constructeurs se compte en minutes, parfois en dizaines de secondes.
Les enquêtes de terrain confirment que le parc réel avance plus lentement que les annonces : l'Uptime Institute observe une progression continue mais lente des densités moyennes, avec une adoption croissante de la plage 10–30 kW, un site sur huit déclarant des baies entre 30 et 59 kW, et quelques armoires au-delà de 100 kW encore exceptionnelles. Cette hétérogénéité est précisément le problème : la plupart des exploitants doivent aujourd'hui insérer des îlots à haute densité dans des salles conçues pour une densité faible et homogène. C'est le cas d'usage le plus fréquent de la CFD.
L'Uptime Institute mesure un PUE moyen figé autour de 1,54 depuis six années consécutives, alors que les hyperscalers annoncent 1,10 à 1,15. L'écart ne vient pas d'un secret technologique : il vient de la qualité de la distribution d'air et de la capacité à travailler avec des consignes hautes en toute sécurité. C'est exactement le terrain de jeu de la simulation.
Les méthodes classiques : bilan de puissance global, règle du « débit total suffisant », tableur de charges par salle, répondent à une question de quantité. Elles ne répondent jamais à la question de localisation : où l'air froid arrive-t-il réellement, à quelle température entre-t-il dans cette baie précise, et que devient cette distribution quand une unité s'arrête. Seule une résolution spatialisée des écoulements répond à ces trois questions.

Sur eolios.fr Comprendre le fonctionnement d'un data center
Une erreur fréquente consiste à traiter le data center comme un objet unique. En réalité, la chaleur franchit cinq barrières thermiques successives, chacune avec sa propre physique, ses propres résistances et ses propres modes de défaillance. Une étude CFD n'a de sens que si l'on sait à quelle échelle se situe la question posée.
Les cinq barrières thermiques successives, du millimètre au site : à chaque échelle, une physique dominante, une grandeur critique et un mode de défaillance propre.
Les échelles ne sont pas indépendantes : elles se propagent. Un bouclage de panache en toiture (échelle 5) élève la température d'air à l'aspiration des aéroréfrigérants, donc la température de l'eau glacée, donc la température de soufflage dans la salle (échelle 3), donc la température d'admission des baies (échelle 2) et finalement la température de jonction des processeurs (échelle 1). Un défaut à l'échelle 5 se lit à l'échelle 1 : et inversement, une densification à l'échelle 1 finit par se voir en toiture.



Cette lecture par échelles dicte aussi le périmètre de modélisation. Simuler une salle entière avec le détail des dissipateurs serait absurde : la baie est représentée par un modèle équivalent (débit, ΔT, pertes de charge). Inversement, étudier un point chaud interne en ne modélisant que la toiture n'a aucun sens. Le bon réflexe est de choisir l'échelle la plus grossière qui contient encore la cause du problème, puis de descendre d'un cran si nécessaire.
Sur eolios.fr Étude thermique des locaux techniques (UPS, TGBT)
Une étude thermique n'a de valeur que rapportée à un critère opposable. Sans référentiel, une carte de températures est un objet esthétique ; avec référentiel, elle devient une preuve de conformité ou un constat d'écart. Voici les textes qui structurent la pratique.
Classes A1 à A4. Définit l'enveloppe de température et d'humidité à l'entrée de l'équipement, plage recommandée et plages autorisées.
Critère de conformité thermiqueNorme européenne d'installation. Encadre conception, construction et exploitation, dont la classification de disponibilité et l'efficacité énergétique.
Cadre normatif européenTopologie et maintenabilité, pas de température. Détermine en revanche quels scénarios dégradés l'étude doit démontrer.
Définit les scénarios à simulerLes Thermal Guidelines for Data Processing Environments du comité technique 9.9 de l'ASHRAE définissent, pour l'air entrant dans l'équipement (et non pour l'air de la salle), une plage recommandée et des plages admissibles par classe de matériel. La plage recommandée usuelle est de 18 à 27 °C, avec une limite d'humidité relative haute et un encadrement du point de rosée. Les plages admissibles s'étendent ensuite selon la classe : environ 15–32 °C (A1), 10–35 °C (A2), 5–40 °C (A3) et 5–45 °C (A4). Le comité a par ailleurs étendu ses recommandations aux équipements refroidis par liquide pour traiter les densités supérieures à 40 kW par baie, reconnaissant que le cadre historique centré sur l'air ne suffisait plus.
La conséquence pratique de ce référentiel est fondamentale pour la simulation : le critère de réussite ne porte jamais sur une moyenne de salle, mais sur la température d'air à l'admission de chaque baie, en tout point de la hauteur utile. Une salle à 22 °C de moyenne peut parfaitement présenter des admissions à 34 °C en haut de baie : c'est une non-conformité, invisible dans un bilan global.
Les éditions et les valeurs exactes évoluent : pour un projet, on se réfère toujours à l'édition en vigueur et aux spécifications constructeur du matériel installé, qui peuvent être plus restrictives.
La série EN 50600 encadre la conception, la construction et l'exploitation des installations et infrastructures de centres de traitement de données : classes de disponibilité, protection physique, distribution électrique, contrôle d'environnement et indicateurs d'efficacité (dont le PUE, également normalisé au niveau ISO/IEC). Elle fournit le vocabulaire contractuel utile lorsqu'une étude doit prouver un niveau de service, et non seulement un confort thermique.
La classification Tier I à Tier IV ne parle pas de température mais de topologie et de maintenabilité. Elle intéresse directement la CFD parce qu'elle définit les configurations à prouver : si l'installation revendique une capacité de maintenance concurrente, alors le comportement thermique doit rester acceptable pendant l'indisponibilité volontaire d'un composant. Cela ne se démontre pas au régime nominal, mais en scénario dégradé (chapitre 14).
Les exigences structurantes sont aujourd'hui européennes ; ce sont leurs transpositions nationales qui varient d'un pays à l'autre. Un même projet mené en France, en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Irlande répond aux mêmes objectifs physiques, mais devant des autorités et des procédures d'autorisation différentes.
Sur eolios.fr Tours aéroréfrigérantes & cadre ICPE Légionellose & tours aéroréfrigérantes
Sur le terrain, les désordres thermiques se ramènent presque toujours à un petit nombre de mécanismes récurrents. Les nommer précisément est la première étape du diagnostic : chacun a une signature mesurable et un correctif distinct. Les confondre conduit à traiter un symptôme par le mauvais levier : le cas d'école étant l'ajout de puissance froide pour compenser un défaut d'étanchéité.
L'air chaud rejeté par les serveurs revient en allée froide et remonte la température d'admission, généralement en haut de baie. Signature : gradient vertical d'admission fort, ΔT machine faible.
L'air froid retourne à l'unité de traitement sans traverser aucun serveur. Il ne refroidit rien, mais consomme du ventilateur et écrase le ΔT de reprise.
Zone où l'admission dépasse le seuil alors que la salle est globalement froide. C'est un problème de répartition, jamais de capacité.
Sous plancher technique, la pression n'est pas uniforme : certaines dalles soufflent, d'autres aspirent. Une dalle en dépression est un court-circuit thermique.
En grande hauteur ou faible brassage, l'air chaud s'accumule sous plafond et redescend en fin d'allée. Effet accentué par la flottabilité aux fortes densités.
Réponse la plus courante aux cinq pathologies précédentes : baisser la consigne. Le point chaud recule de quelques degrés, la facture énergétique augmente en permanence.
Deux CRAH voisines se disputent la reprise ou se soufflent l'une contre l'autre ; le débit total est atteint, la distribution est mauvaise. Fréquent après extension.
Un confinement percé (porte ouverte, panneau manquant, baie retirée) perd une grande partie de son bénéfice. L'aéraulique est très sensible aux petites ouvertures.


Ces huit mécanismes se combinent, et c'est ce qui rend le diagnostic difficile sans simulation : une même température mesurée en haut d'une baie peut résulter d'une recirculation, d'un bypass ayant vidé le plénum, ou d'une interaction entre deux unités à dix mètres de là. Les sondes disent qu'il y a un problème ; le champ calculé dit par où l'air passe, donc quel correctif fonctionnera.


Sur eolios.fr Origine des surchauffes dans les centres de données
Pour comparer un avant et un après, ou deux variantes de conception, il faut des indicateurs qui condensent un champ tridimensionnel en quelques nombres discutables en réunion. Le secteur en a normalisé un petit jeu, tous construits sur le même principe : comparer la thermique réelle à la thermique idéale.
| Indicateur | Ce qu'il mesure | Lecture | Cible usuelle |
|---|---|---|---|
| RCIHI / RCILO Rack Cooling Index | Part des admissions respectant les plages recommandées, pondérée par l'ampleur des dépassements (haut et bas) | 100 % = aucune baie hors plage recommandée | > 96 % |
| RTI Return Temperature Index | Rapport du ΔT vu par les unités de traitement d'air au ΔT vu par l'informatique | < 100 % → bypass ; > 100 % → recirculation | ≈ 100 % |
| SHI / RHI Supply / Return Heat Index | Fraction de chaleur captée par l'air froid avant qu'il n'atteigne les serveurs | SHI faible = peu de mélange parasite | SHI < 0,2 |
| Capture Index (allée froide) | Fraction de l'air aspiré par une baie qui provient effectivement des dalles ou du confinement | Indicateur local, baie par baie | > 90 % |
| Capture Index (allée chaude) | Fraction de l'air rejeté par une baie effectivement capté par les reprises | Le complément part en recirculation | > 90 % |
| ΔT baie | Écart entrée/sortie serveur, image directe du débit traversant | ΔT faible = trop d'air ou bypass interne | 10 à 20 K |
| Ratio de débit | Débit fourni par la distribution / débit appelé par les serveurs | < 1 → recirculation garantie | 1,05 à 1,15 |
L'intérêt de ces indicateurs est double. En diagnostic, ils orientent immédiatement vers la bonne famille de correctifs : un RTI de 70 % avec des admissions correctes signale un excès de débit et un bypass, donc un potentiel d'économie, pas un risque. En conception, ils permettent de fixer des engagements de résultat vérifiables dans le modèle, puis à la réception.
Tout part d'un bilan enthalpique élémentaire. La puissance évacuée par un flux d'air s'écrit :
Cette relation explique la plupart des arbitrages du métier. Augmenter le ΔT réduit proportionnellement le débit, donc l'énergie de ventilation (qui varie approximativement avec le cube du débit) : c'est le gisement d'économie le plus puissant. Mais un ΔT élevé signifie de l'air de reprise plus chaud, donc des conséquences bien plus lourdes en cas de recirculation. Le confinement n'est pas une option de confort : c'est ce qui rend le ΔT élevé exploitable sans risque.
Le confinement n'est pas une option de confort. C'est la condition qui rend un ΔT élevé, donc l'économie d'énergie, exploitable sans prise de risque.
Chapitre 05 · débit, ΔT et énergie de ventilationL'outil ci-dessous applique cette relation, puis en tire le second chiffre que tout exploitant devrait connaître : la vitesse d'élévation de température de la salle en cas de perte totale de refroidissement, obtenue en divisant la puissance dissipée par la capacité thermique du volume d'air.
Sur eolios.fr Guide de calcul du PUE d'un data center
Le choix d'une architecture de refroidissement se pilote d'abord par la densité par baie, ensuite par les contraintes de site (hauteur libre, eau disponible, climat, réglementation) et enfin par l'exploitation. La CFD intervient à chaque étage, mais avec des questions différentes : en air, on cherche où va l'air ; en liquide, on cherche ce qui reste à faire à l'air, car une part de la chaleur continue d'être dissipée dans la salle.
| Architecture | Densité usuelle | Principe | Point de vigilance CFD |
|---|---|---|---|
| Air, salle ouverte plancher technique + CRAC/CRAH périphériques | ≤ 5–8 kW | Plénum en surpression, dalles perforées, reprise libre | Uniformité de pression du plénum, bypass, longueur d'allée |
| Air + confinement d'allée froide ou chaude | 8–20 kW | Séparation physique des flux ; ΔT élevé exploitable | Étanchéité, obturateurs, portes, ratio de débit > 1 |
| In-row / in-rack | 15–35 kW | Échangeur au plus près de la charge, boucle courte | Interaction entre modules, régulation, redondance locale |
| Porte arrière active rear-door heat exchanger | 20–40 kW | Captation à la sortie de la baie : la salle reste neutre | Débit résiduel salle, secours en cas de perte d'eau |
| Liquide direct (DLC) plaques froides | 40–120 kW+ | Le fluide capte 70 à 90 % de la chaleur au composant | Fraction résiduelle dissipée à l'air, CDU, points chauds locaux |
| Immersion diélectrique | 50–200 kW | Serveurs immergés, mono ou diphasique | Thermique du bac, exploitation, incendie et détection |
Une baie en refroidissement liquide direct continue de rejeter 10 à 30 % de sa puissance dans l'air de la salle : alimentations, mémoire, réseau, pertes. Sur une baie de 100 kW, cela représente 10 à 30 kW d'air à traiter, soit la densité d'une baie entière de l'ancienne génération. Les architectures hybrides sont donc celles où la CFD reste la plus utile, car personne n'a d'intuition sur la thermique résiduelle d'une salle mixte.

Le refroidissement liquide progresse rapidement là où les charges d'accélérateurs l'imposent : certaines architectures de calcul récentes atteignent des puissances par armoire de l'ordre de 120 kW, hors de portée d'un refroidissement à air à pleine charge. Mais le parc existant, lui, reste très majoritairement à air : l'enjeu réel de la décennie est moins « air ou liquide » que la cohabitation des deux dans les mêmes salles, avec des plages de température et des redondances différentes.
Sur eolios.fr Les systèmes de refroidissement des centres de données Refroidissement électronique : du composant à la plaque froide
Ce que résout réellement un solveur, quels modèles physiques sont légitimes dans une salle, et à quelles conditions un résultat mérite d'être cru.
La CFD (Computational Fluid Dynamics) résout numériquement les équations de conservation de la mécanique des fluides sur un domaine découpé en volumes élémentaires. Elle ne « prédit » rien : elle calcule les conséquences des hypothèses qu'on lui donne. C'est pourquoi la qualité d'une étude tient d'abord aux données d'entrée et au choix des modèles.
Dans un data hall, l'air est traité comme un fluide newtonien faiblement compressible. Trois familles d'équations sont résolues simultanément sur chaque volume de contrôle : la conservation de la masse (continuité), la conservation de la quantité de mouvement (Navier-Stokes, incluant le terme de flottabilité) et la conservation de l'énergie (transport de l'enthalpie, avec conduction et éventuellement rayonnement). S'y ajoutent, selon le cas, des équations de transport pour la turbulence, l'humidité, les espèces chimiques (fumées, gaz d'extinction) ou les particules.
La résolution est itérative : partant d'un champ initial, le solveur corrige pression et vitesses jusqu'à ce que les déséquilibres locaux (les résidus) deviennent négligeables. On distingue les calculs stationnaires (on cherche l'état d'équilibre, cas du régime nominal) et transitoires (on suit l'évolution dans le temps), ces derniers étant indispensables pour une panne ou un incendie.

Sur eolios.fr Dossier : qu'est-ce que la simulation CFD ?
Un data hall est un cas de convection mixte : les jets de soufflage imposent une dynamique forcée, tandis que les panaches chauds imposent une dynamique naturelle. Les deux se disputent le champ, et selon le rapport de forces, la même salle peut se comporter très différemment. Le choix des modèles n'est donc pas un détail de logiciel : c'est un acte d'ingénierie qui doit être justifié dans le rapport.
La turbulence n'est pas résolue directement : cela demanderait des maillages hors d'atteinte. On résout des équations moyennées (RANS) et on modélise l'effet de la turbulence sur le champ moyen.
| Modèle | Comportement | Emploi typique |
|---|---|---|
| k-ε (standard, realizable) | Robuste et économique, mais imprécis en proche paroi et sur les décollements ; tend à trop diffuser | Grands volumes, premières itérations, salles à faible densité |
| k-ω SST | Bon compromis : traitement fiable de la couche limite et des gradients adverses | Choix par défaut lorsque les températures de paroi et les jets comptent |
| RSM / modèles anisotropes | Plus coûteux, capture mieux les recirculations complexes | Cas particuliers, expertise fine d'une zone |
| LES / hybrides | Résout les grandes structures instationnaires ; coût très élevé | Recherche, phénomènes fortement instationnaires, échelle locale |
Aux écarts de température modérés d'un data hall (10 à 20 K), l'approximation de Boussinesq (masse volumique constante sauf dans le terme de gravité) est légitime et numériquement confortable. Elle cesse de l'être dès que les écarts deviennent grands : panaches d'aéroréfrigérants, rejets de groupes électrogènes, et bien sûr incendie, où la masse volumique doit être traitée comme pleinement variable avec la température. Utiliser Boussinesq sur un cas incendie est une faute de modélisation classique.
Ce nombre sans dimension compare les forces de flottabilité (écart de température, hauteur caractéristique) aux forces d'inertie du soufflage (vitesse d'air). Il dit lequel des deux moteurs commande l'écoulement.
Ri faible : le soufflage impose sa trajectoire, l'air va là où le concepteur l'envoie. Ri élevé (forte densité, faible débit, grande hauteur) : la flottabilité prend le dessus et l'air monte, quelle que soit l'intention de conception. C'est le mécanisme derrière la stratification et derrière la majorité des recirculations en haut de baie.
Il serait absurde de mailler chaque perforation de dalle, chaque serveur et chaque grille. On les représente par des milieux poreux équivalents, caractérisés par une loi de perte de charge (termes visqueux et inertiel de type Darcy-Forchheimer) calibrée sur les données constructeur ou sur des mesures. Cette approche s'applique aux dalles perforées (taux de perforation, présence d'un registre), aux faces de baies, aux filtres et batteries et aux grilles de reprise. La qualité de cette calibration détermine directement la fidélité de la répartition des débits : c'est souvent là, et non dans le modèle de turbulence, que se perd la précision.
Le paysage se divise en deux familles. D'un côté les outils dédiés au data center, qui embarquent des bibliothèques d'objets (baies, CRAH, dalles perforées, confinements) et calculent directement les indicateurs du secteur. De l'autre les solveurs généralistes, plus lourds à mettre en œuvre mais sans limite de périmètre : c'est le seul choix possible dès qu'il faut traiter une toiture, un panache, un incendie ou une géométrie hors catalogue.
Aucun de ces outils ne décide du périmètre, des conditions aux limites, du modèle de turbulence ni du critère de conformité : ce sont les quatre choix qui font la valeur de l'étude, et ils sont antérieurs au solveur. Deux bureaux d'études sur le même logiciel peuvent produire des résultats écartés de plusieurs degrés. La question à poser à un prestataire n'est donc pas « quel logiciel utilisez-vous ? » mais « comment avez-vous vérifié et validé ce calcul ? » (chapitre 11).
Souvent négligeable entre baies, le rayonnement redevient important dans trois situations : locaux techniques compacts à forte densité surfacique (UPS, TGBT), apports solaires sur enveloppe et toiture dans les études externes, et incendie, où il constitue un mode de transfert majeur et gouverne la propagation aux baies voisines.
Sur eolios.fr Qu'est-ce qu'un jumeau numérique de data center ?
La simulation revient à résoudre un système d'équations aux dérivées partielles non linéaires sur un nombre fini de cellules. Le maillage est cette découpe. Il fixe la résolution spatiale de l'information : un phénomène plus petit que la maille n'existe pas dans le résultat. Sur un data hall, cela signifie qu'un maillage grossier lissera précisément ce que l'on cherche : les gradients d'admission en haut de baie et les fuites locales.
Un résultat n'a de valeur que s'il ne dépend plus significativement de la finesse du maillage. La démonstration est simple et doit figurer au rapport : on résout le même cas sur au moins trois maillages de finesses croissantes (typiquement d'un facteur 1,5 à 2 sur la taille caractéristique) et l'on suit quelques grandeurs de sortie représentatives : température maximale d'admission, RCI, débit d'une dalle critique. Lorsque l'écart entre deux niveaux passe sous un seuil (souvent quelques dixièmes de degré), le maillage est jugé suffisant.

Un data hall de taille courante se modélise couramment avec quelques millions à quelques dizaines de millions de cellules selon le niveau de détail des baies et du plénum. Ce n'est pas le nombre de cellules qui fait la qualité, mais leur placement : dix millions de cellules mal réparties valent moins que deux millions bien orientées vers les gradients utiles.

Les conditions aux limites traduisent mathématiquement l'interaction entre le domaine calculé et son environnement. Elles portent l'essentiel de la vérité physique du site : c'est par elles que la simulation apprend ce que fait vraiment l'installation. Formellement, on impose soit une valeur sur la frontière (condition de Dirichlet : température, vitesse), soit un flux ou un gradient (condition de Neumann : puissance dissipée, paroi adiabatique), soit une relation mixte (coefficient d'échange, courbe de ventilateur).
| Frontière | Condition posée | Piège fréquent |
|---|---|---|
| Soufflage CRAH | Courbe débit-pression, température de soufflage, direction et diffusion du jet | Débit fixe et jet purement normal : la réalité comporte une composante de giration et une plage de régulation |
| Reprise | Pression imposée ou débit extrait équilibré | Reprise idéalisée qui « aspire tout », masquant la recirculation réelle |
| Dalles perforées | Milieu poreux calibré + registre éventuel | Taux de perforation nominal ≠ perméabilité réelle avec registre partiellement fermé |
| Baies | Puissance dissipée + débit ou ΔT, pertes de charge internes | Puissance de plaque au lieu de la puissance réellement consommée : surestimation massive |
| Parois, plafond, plancher | Adiabatique, isotherme ou coefficient d'échange ; apports solaires si pertinent | Tout mettre en adiabatique : acceptable en salle, faux en local technique en façade |
| Fuites & ouvertures | Surfaces de fuite équivalentes, portes de confinement | Omission complète : le modèle devient plus performant que la salle réelle |
| Air neuf / extérieur | Température, hygrométrie, vent (profil de couche limite atmosphérique) | Utiliser une moyenne annuelle au lieu des scénarios climatiques dimensionnants |
Le choix des scénarios climatiques mérite une attention particulière. Une installation se dimensionne sur des situations défavorables : canicule au percentile élevé (et non moyenne mensuelle), vent de direction pénalisante pour le bouclage, hiver pour les questions de condensation et de free cooling. En pratique, on retient un jeu réduit de points de fonctionnement dimensionnants, chacun justifié par une donnée climatique de la station météorologique la plus représentative.
Une puissance IT connue à ±30 % rend illusoire tout débat sur le modèle de turbulence. Avant de raffiner le calcul, il faut raffiner les entrées : puissances réellement mesurées, débits relevés, positions constatées. C'est la raison d'être du relevé terrain (chapitre 12).
Une simulation produit toujours des images. Rien ne garantit qu'elles décrivent quelque chose. La distinction est structurante : la vérification demande « résolvons-nous correctement les équations ? », la validation demande « résolvons-nous les bonnes équations, avec les bonnes données ? ». Les deux sont nécessaires et ne se remplacent pas.
Stabilisés plusieurs ordres de grandeur sous leur valeur initiale : condition nécessaire, jamais suffisante.
Masse et énergie conservées sur le domaine à moins de 1 %. Un bilan qui ne boucle pas invalide le calcul, même avec de beaux résidus.
La température maximale d'admission et les débits critiques n'évoluent plus au fil des itérations.
Une salle réelle peut être intrinsèquement instationnaire (panaches oscillants) ; il faut alors passer en transitoire plutôt que forcer une fausse convergence.
Sur une installation existante, la validation consiste à comparer le calcul à des mesures indépendantes : températures d'admission relevées en plusieurs points de hauteur, débits de dalles, températures de reprise, éventuellement essais fumigènes pour vérifier qualitativement les trajectoires. On ajuste alors les paramètres les moins bien connus (perméabilités, fuites, répartition réelle des puissances) jusqu'à obtenir un accord acceptable. C'est la calibration. Elle transforme un modèle générique en jumeau numérique du site, réutilisable pour toutes les études ultérieures.
Sur un projet neuf, aucune validation directe n'est possible : il n'y a rien à mesurer. La confiance repose alors sur trois piliers : des modèles validés sur des cas analogues, des hypothèses conservatives explicitées, et une analyse de sensibilité sur les paramètres incertains. Un rapport sérieux dit lesquels, et dans quel sens ils poussent le résultat.
Plutôt qu'un chiffre unique, une étude robuste livre une plage. On fait varier les paramètres douteux dans leurs bornes crédibles (puissance IT ±10 %, fuites de plénum, taux d'ouverture des registres, température extérieure) et l'on observe l'effet sur les indicateurs. Cela permet de répondre à la seule question qui compte réellement en réunion de projet : de combien de marge disposons-nous avant que la conclusion ne change ?
Du relevé terrain aux scénarios de panne, de la salle à la toiture, de l'incendie au PUE : les six familles d'études que nous menons.
Sur une installation existante, la phase la plus rentable d'une étude n'est pas le calcul : c'est la campagne de mesures. Elle fixe la borne supérieure de précision de tout ce qui suivra, et elle révèle à elle seule une partie des désordres.

Le premier contrôle à faire sur un jeu de mesures est un bilan de puissance : la chaleur évacuée par les unités (débit × ΔT de reprise) doit correspondre, à quelques pourcents, à la puissance électrique consommée par l'informatique. Quand l'écart dépasse 15 %, ce n'est pas la salle qui est étrange : c'est une mesure qui est fausse. Détecter cela avant de modéliser évite des semaines d'analyse d'un artefact.


L'écart le plus instructif d'une campagne de mesures n'est presque jamais thermique : c'est un écart documentaire. Puissances réelles par baie qui ne correspondent pas au dossier, obturateurs déposés lors d'une intervention et jamais remis, dalles perforées déplacées au fil des ans sans mise à jour du plan. Le modèle sert d'abord à rendre ces écarts visibles, avant de calculer quoi que ce soit.
Sur eolios.fr Audit & diagnostic de data center
Au régime nominal, l'objectif n'est pas de produire une belle carte mais de répondre à une liste finie de questions, dans un ordre qui va du global au local. Cet enchaînement est notre grille de dépouillement standard.
| # | Question posée | Résultat exploité | Décision associée |
|---|---|---|---|
| 1 | Le débit total est-il suffisant, et avec quelle marge ? | Ratio de débit, RTI | Régler la vitesse des ventilateurs, révéler un excès coûteux |
| 2 | La distribution sous plancher est-elle homogène ? | Champ de pression du plénum, débit dalle par dalle | Déplacer des dalles, obturer, dégager le plénum |
| 3 | Quelle température d'air entre réellement dans chaque baie ? | Profils verticaux d'admission, RCI, Capture Index | Conformité ASHRAE, placement des charges denses |
| 4 | D'où vient l'air qui entre dans les baies critiques ? | Trajectoires, âge de l'air, tubes de courant | Distinguer recirculation, bypass et défaut de plénum |
| 5 | Le confinement est-il efficace ? | Débits de fuite aux interfaces, isovaleurs de température | Reprendre l'étanchéité, obturer les emplacements vides |
| 6 | Jusqu'où peut-on remonter la consigne ? | Balayage de consignes, marge au seuil le plus critique | Gain PUE direct, extension du free cooling |
| 7 | Où placer les prochaines baies denses ? | Cartographie de capacité résiduelle par emplacement | Plan d'implantation, capacité IT libérée |
La sixième question est celle qui produit le plus de valeur économique, et c'est celle que l'on ne peut pas poser sans simulation. Remonter la consigne de soufflage de 2 à 3 °C réduit la consommation de production de froid et étend considérablement les heures de free cooling annuel : mais uniquement si l'on a la preuve qu'aucune baie ne sort de sa plage admissible, y compris en haut de la baie la plus mal placée, y compris quand une unité est à l'arrêt. La CFD fournit exactement cette preuve.




Les salles informatiques concentrent l'attention ; les locaux UPS, TGBT et transformateurs concentrent les incidents. Ils cumulent une forte densité surfacique, un volume réduit, une ventilation souvent sommaire, une part de transfert par rayonnement et des seuils constructeurs stricts sur les batteries. Ce sont d'excellents candidats à une étude dédiée, généralement rapide et à fort retour.
Sur eolios.fr Ingénierie CFD de data center Locaux techniques
Un data center bien conçu ne se juge pas au régime nominal, où presque tout fonctionne, mais à sa capacité à traverser un incident. C'est le domaine où la CFD n'a aucun concurrent : personne n'accepte de couper un groupe froid en production pour voir ce qui se passe.
À 200 kW dans un grand volume, l'exploitant a le temps de réagir. À 800 kW, la séquence automatique de redémarrage des ventilateurs devient le seul rempart : son temps de réponse doit être comparé au temps de dépassement du seuil, baie par baie.
Ces ordres de grandeur suffisent à comprendre pourquoi le sujet a changé de nature avec la densité : à 200 kW dans un grand volume, l'exploitant a le temps de réagir ; à 800 kW, la séquence automatique de redémarrage des ventilateurs devient le seul rempart, et son temps de réponse doit être comparé au temps de dépassement du seuil. C'est précisément ce que fournit une simulation transitoire : non pas une moyenne, mais la courbe de température d'admission de chaque baie, seconde par seconde.
Un data center ne se juge pas au régime nominal, où presque tout fonctionne. Il se juge sur les deux premières minutes d'un incident.
Chapitre 14 · scénarios de défaillance
Le confinement d'allée est excellent en régime nominal : il supprime le mélange. Mais en cas de perte de refroidissement, il isole la charge d'un volume d'air réduit : l'allée chaude n'a plus l'inertie de la salle entière pour amortir la montée. Les meilleures salles en fonctionnement peuvent donc être les plus rapides à dériver : un résultat contre-intuitif que seule une simulation transitoire met en évidence.
Toute la chaîne de froid dépend d'une seule grandeur physique : la température de l'air réellement aspiré par les échangeurs extérieurs. Or cette température n'est pas celle de la station météo. Elle résulde de l'interaction entre les rejets chauds de l'installation, la géométrie de la toiture et du site, et le vent. C'est l'objet de la CFD externe.
Réaspiration, par un aéroréfrigérant ou un groupe électrogène, de tout ou partie de l'air chaud qu'il vient de rejeter : directement ou après réflexion sur un obstacle, un acrotère ou un capotage. Le résultat est une élévation de la température d'entrée d'air qui dégrade la puissance frigorifique disponible au moment précis où l'on en a le plus besoin.
Le bouclage est un mécanisme auto-aggravant : la machine dont l'air d'entrée s'échauffe voit sa performance chuter, appelle davantage de puissance, rejette donc plus de chaleur, et alimente son propre panache. Les configurations à risque sont bien identifiées : machines trop rapprochées, rejets orientés vers une aspiration voisine, acrotères hauts piégeant l'air chaud, capotages acoustiques mal dimensionnés, et bâtiments voisins créant un sillage qui rabat les panaches vers la toiture.





L'articulation avec l'étude interne est directe et chiffrable : chaque degré gagné à l'aspiration des machines se traduit en puissance frigorifique disponible, donc en température d'eau glacée, donc en marge sur la consigne de soufflage. C'est pour cette raison que nous traitons de plus en plus les deux périmètres dans une même mission couplée, plutôt qu'en études séparées.


Un bouclage de panache en toiture ne reste pas en toiture. Il remonte dans l'eau glacée, dans la consigne de soufflage, et finit sur la façade de la baie la plus mal placée.
Chapitre 15 · propagation entre échellesSur eolios.fr Simulation CFD externe de data center Impact îlot de chaleur
Le risque incendie d'un data center a des caractéristiques propres : forte concentration d'énergie électrique, combustibles produisant des fumées denses, toxiques et corrosives, et un enjeu qui n'est pas seulement humain mais aussi matériel : les produits de combustion attaquent l'électronique bien au-delà de la zone brûlée. La simulation change ici d'objectif : on ne cherche plus le confort, on cherche la tenabilité et la maîtrise.

Deux exigences de modélisation distinguent l'incendie du reste : le calcul est nécessairement transitoire, sur des durées de plusieurs dizaines de minutes, et la masse volumique doit être traitée comme pleinement variable : l'approximation de Boussinesq n'a plus aucune validité avec des écarts de plusieurs centaines de degrés. Le rayonnement devient un mode de transfert de premier ordre, et la définition du foyer conventionnel (puissance, courbe de montée, surface, production de suies) doit être justifiée par rapport au référentiel applicable.


Sur eolios.fr Simulation incendie de data center Extinction automatique à gaz (IEAG)
Le PUE rapporte l'énergie totale du site à l'énergie utile de l'informatique. Il est simple, imparfait, universellement utilisé. Et il stagne : 1,54 en moyenne mondiale, inchangé depuis six années consécutives selon l'Uptime Institute, contre 1,10 à 1,15 revendiqués par les hyperscalers et 1,58 à 1,80 constatés en colocation et en entreprise. L'écart n'est pas technologique : il est aéraulique et opérationnel.
| Levier | Mécanisme | Condition à prouver |
|---|---|---|
| Remonter la consigne de soufflage | Meilleur rendement de production de froid, davantage d'heures de free cooling | Aucune admission de baie hors plage, y compris en dégradé |
| Réduire le débit de ventilation | La puissance ventilateur varie approximativement comme le cube du débit | Ratio de débit maintenu > 1, pas de recirculation induite |
| Augmenter le ΔT | Moins de débit pour la même puissance, meilleur échange | Confinement étanche, sinon la reprise chaude alimente les hot spots |
| Supprimer le bypass | L'air froid produit sert enfin à refroidir ; le ΔT de reprise remonte | Localiser les fuites : dalles, brosses, plénum |
| Arrêter des unités redondantes | Fonctionner avec moins d'unités mais mieux réparties | Comportement acceptable en cas de perte d'une unité restante |
Le PUE mondial ne stagne pas à 1,54 par manque de technologie. Il stagne parce que personne n'ose remonter une consigne sans preuve.
Chapitre 17 · le gisement réelInversement, il faut être clair sur ce que la CFD ne fait pas : elle n'améliore ni le rendement d'un groupe froid, ni celui d'un onduleur, ni le facteur de charge de l'informatique. Un PUE dégradé par un taux de charge très faible ne se corrige pas par une étude aéraulique : il se corrige par de la consolidation. Savoir distinguer les deux situations évite de vendre, et d'acheter, la mauvaise étude.
Sur eolios.fr Guide de calcul du PUE Optimisation énergétique & PUE
Comment se déroule une étude, ce que dix ans de missions nous ont appris, et les questions à poser avant de signer.
Notre engagement de référence sur un data hall est de quatre semaines, du cadrage à la restitution : et nous savons aller plus vite quand le planning du projet l'exige.
Une étude CFD n'est pas un calcul isolé mais une séquence de décisions partagées avec la maîtrise d'œuvre et l'exploitant. Le déroulé ci-dessous est celui que nous appliquons : un mois calendaire, phases partiellement menées en parallèle. Nos moyens de calcul internes permettent de comprimer ce délai à deux ou trois semaines en procédure accélérée : arbitrage de mise en service, décision d'implantation urgente, incident à instruire. Seules deux situations l'allongent réellement : un très grand nombre de scénarios transitoires, et l'attente de données d'entrée côté exploitant.
Définition précise des questions auxquelles l'étude doit répondre, des critères de conformité retenus et de la liste des scénarios. Récupération des plans, fiches techniques, relevés GTB et puissances réelles.
Campagne de mesures sur site, en une à deux journées d'intervention : admissions, débits de dalles, pressions, thermographie, essai fumigène si utile. Bilan de cohérence des puissances mené dans la foulée.
Construction du modèle 3D exploitable : géométrie utile, milieux poreux calibrés, conditions aux limites. Maillage hybride, raffinement des zones à gradient, étude d'indépendance.
Sur installation existante : ajustement des paramètres mal connus jusqu'à l'accord avec les relevés. Le modèle devient le jumeau numérique du site : c'est le livrable qui survit à l'étude.
Calcul du régime nominal puis des scénarios dégradés, lancés en parallèle sur nos moyens de calcul. Test des correctifs proposés, un par un, pour isoler l'effet de chacun.
Cartes, coupes, trajectoires, animations, indicateurs (RCI, RTI, CI) et plan d'actions hiérarchisé par rapport effet/coût. Réunion de restitution technique avec les équipes d'exploitation.
Le jumeau numérique reste disponible : chaque densification, chaque déplacement de baie ou changement de consigne se teste sur le modèle existant en quelques jours, sans repartir de zéro. C'est ce qui fait passer la CFD d'un livrable de projet à un outil d'exploitation.
Six missions, six mécanismes différents. Les fiches détaillées, avec configurations et résultats, sont publiées sur ce site.
Séries d'études internes sur salles à charge évolutive : distribution sous plancher, effets de recirculation et comportement en montée de charge. Enseignement récurrent : la capacité annoncée d'une salle est presque toujours limitée par sa pire baie, pas par sa moyenne.
Étude couplée enveloppe et salle sur un site à forte densité : la performance interne ne pouvait être garantie sans traiter d'abord le comportement des rejets en toiture. Illustration directe de la propagation entre échelles du chapitre 02.
Data hall et locaux UPS traités ensemble. Les locaux électriques, souvent hors périmètre des études, se révèlent fréquemment plus contraints que la salle informatique elle-même.
Étude critique du comportement en épisode caniculaire : mise en évidence d'accumulations calorifiques et de bouclages sur les machines de toiture, avec effet direct sur la puissance frigorifique disponible.
Modélisation de la phase d'essais : les bancs de charge ne reproduisent ni la géométrie ni la répartition des flux de l'informatique réelle. Une réception réussie ne prouve donc pas une exploitation saine : sauf si l'écart a été simulé.
Scénarios de feu contenu à une baie puis avec propagation : le compartimentage et la canalisation des flux déterminent la tenabilité pour les intervenants bien davantage que le débit d'extraction brut.




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Ces situations reviennent sur presque tous les sites audités. Aucune ne relève d'une faute d'ingénierie sophistiquée : ce sont des dérives d'exploitation ou des raccourcis de conception, à effet thermique disproportionné.
Le point chaud recule de quelques degrés, la facture augmente toute l'année et la cause aéraulique reste intacte. Au prochain ajout de charge, le problème revient : avec moins de marge qu'avant.
identifier le mécanisme (recirculation, bypass, plénum) avant de toucher à la consigneChaque U libre non obturé est un court-circuit direct entre allée chaude et allée froide. L'effet cumulé sur une rangée dépasse souvent celui d'une unité de climatisation entière.
obturateurs systématiques, y compris sur les baies partiellement rempliesAjouter des dalles à proximité immédiate d'une baie dense abaisse la pression locale du plénum et peut dégrader le débit des dalles voisines, voire en inverser certaines.
vérifier le champ de pression du plénum avant tout ajout de dalleLe plénum sous plancher est un réseau aéraulique, pas un espace de rangement. Les couches de câbles historiques créent des obstacles qui privent d'air des zones entières, souvent loin du point d'accumulation.
cartographier les obstructions, dégager les axes principaux, condamner les câbles abandonnésUne découpe de plancher non équipée de brosses laisse fuir un débit important d'air froid, hors de toute baie. C'est le bypass le moins coûteux à corriger et le plus fréquemment ignoré.
brosses ou joints sur tous les passages, y compris en allée chaudeFaire tourner l'ensemble des unités, redondantes comprises, à vitesse maximale augmente fortement la consommation de ventilation (qui varie approximativement comme le cube du débit) et crée des interférences de jets qui dégradent la distribution au lieu de l'améliorer. La sécurité recherchée est illusoire : elle n'est jamais démontrée sur le scénario de perte d'unité, seul cas où elle compterait.
tester en simulation les configurations réduites, puis les rejouer sur le jumeau numérique à chaque changement de chargeInsérer un îlot GPU dans une salle conçue pour une densité homogène faible produit un point chaud instantané, quelle que soit la puissance froide totale disponible.
requalification aéraulique préalable et choix de l'emplacement par cartographie de capacité résiduelleLe cas le plus coûteux de tous : une étude livrée, lue, appliquée, puis oubliée. Six mois plus tard, la salle a changé de charge et personne ne sait plus si les conclusions tiennent. Le modèle existait pourtant, calibré et prêt à rejouer le cas en quelques jours.
maintenir le jumeau numérique vivant : mise à jour à chaque densification et test d'implantation avant chaque livraison de baiesPanneau non remis, porte bloquée ouverte, baie retirée sans obturation : le confinement perd une grande part de son bénéfice, sans alarme et sans trace.
check-list de remise en état après intervention, contrôle périodique par thermographieEn réunion de restitution, la question posée n'est pratiquement jamais « où sont les points chauds ? » — l'exploitation les connaît. C'est « qu'est-ce que je peux faire lundi, sans arrêt de production ? ». C'est pourquoi le plan d'actions est hiérarchisé par rapport effet/coût, et pourquoi les correctifs sont testés un par un dans le modèle : pour pouvoir dire lequel se suffit à lui-même.
Un livre blanc honnête doit dire où s'arrête l'outil qu'il présente. La CFD est puissante ; elle est aussi facile à mal utiliser, et un résultat faux ne se distingue pas visuellement d'un résultat juste.
Quelles grandeurs de sortie et quels critères de conformité seront livrés, et rapportés à quel référentiel ?
Quel modèle de turbulence est retenu, et pourquoi celui-là ?
L'indépendance au maillage sera-t-elle démontrée dans le rapport ?
Les bilans de masse et d'énergie seront-ils fournis ?
Sur quelles mesures le modèle sera-t-il calibré, et quels écarts calcul/mesure sont considérés acceptables ?
Comment sont représentés les ventilateurs (courbe ou débit fixe) et les fuites ?
Quels scénarios dégradés sont inclus, en stationnaire ou en transitoire ?
Le modèle sera-t-il livré et réutilisable pour les évolutions futures, ou l'étude est-elle un livrable mort ?
Études CFD internes et externes, scénarios de panne, PUE, sécurité incendie : nos ingénieurs vous accompagnent de la conception à l'exploitation.
Elle reconstitue numériquement les écoulements d'air et les températures d'un data hall pour vérifier que chaque baie reçoit de l'air à la température d'admission visée, y compris en configuration dégradée. Concrètement, elle sert à valider une conception avant travaux, à diagnostiquer des points chauds existants, à tester des scénarios de panne sans risque d'exploitation et à libérer de la capacité IT sans investissement lourd.
En air seul avec confinement d'allée et plénum correctement dimensionné, la limite pratique se situe généralement entre 15 et 25 kW par baie. Entre 25 et 40 kW, les architectures in-row ou à porte arrière active deviennent nécessaires. Au-delà de 40 à 50 kW, le refroidissement liquide direct devient la seule voie réaliste : l'ASHRAE a d'ailleurs étendu ses recommandations aux équipements refroidis par liquide pour ces densités.
Environ 3 100 m³/h par kW dissipé, divisé par l'écart de température traversant la baie. Pour une baie de 10 kW avec un ΔT de 12 K : environ 2 600 m³/h, soit à peu près 260 m³/h par kW. Un ΔT plus élevé réduit le débit et l'énergie de ventilation, mais rend le confinement et l'étanchéité des allées beaucoup plus critiques.
La CFD interne traite le data hall et les locaux techniques : distribution d'air, points chauds, recirculations, confinement, scénarios de panne, incendie. La CFD externe traite l'enveloppe et la toiture : aspiration et rejet des aéroréfrigérants, bouclage des panaches, interaction avec le vent et les bâtiments voisins, canicule, îlot de chaleur.
Les deux se répondent : une température d'air extérieur dégradée par bouclage remonte directement dans la performance de la production de froid, donc dans la salle.
Notre déroulé de référence tient en un mois : quelques jours de cadrage et de collecte, une semaine incluant le relevé terrain, une semaine de modélisation et de maillage, une semaine de calculs et d'itérations sur les scénarios, puis une semaine de dépouillement et de restitution. En procédure accélérée, nous descendons à deux ou trois semaines. Seuls un très grand nombre de scénarios transitoires ou un couplage interne/externe étendu demandent davantage de temps de calcul.
Elle est fiable si elle est vérifiée et validée : indépendance au maillage démontrée, résidus convergés, bilans d'énergie et de masse bouclés, et confrontation à des mesures terrain lorsque l'installation existe. Une CFD non validée reste une hypothèse, pas un résultat : et rien, visuellement, ne distingue les deux.
Indirectement mais réellement. Elle n'agit pas sur le rendement des machines : elle agit sur les gisements aérauliques, remonter la consigne sans dépasser les limites aux baies, supprimer le surrefroidissement, réduire le débit de ventilation, augmenter le ΔT, étendre le free cooling. Ce sont les postes qui pèsent le plus dans la part refroidissement du PUE, dont la moyenne mondiale stagne autour de 1,54 depuis six ans.
Oui, et c'est même le cas le plus fréquent en conception. La confiance repose alors sur des modèles validés sur des cas analogues, des hypothèses conservatives explicitées et une analyse de sensibilité sur les paramètres incertains. À la mise en service, une campagne de mesures permet de recaler le modèle et d'en faire le jumeau numérique du site pour toute sa durée de vie.
Les données de marché citées dans ce livre blanc proviennent de sources publiques, datées et vérifiables. Les référentiels techniques doivent toujours être consultés dans leur édition en vigueur : les valeurs reproduites ici le sont à titre indicatif.
Édition 2026 du livre blanc EOLIOS. Les ordres de grandeur d'ingénierie donnés dans les tableaux (plages de densité, cibles d'indicateurs, durées de mission) reflètent notre pratique et ne constituent pas des valeurs normatives : chaque projet doit être vérifié dans son contexte propre.
Les termes sont également définis en marge du texte, à l'endroit où ils servent, dans la version en ligne.
Chez EOLIOS, une étude n'est jamais le travail d'un seul ingénieur : elle est produite, recalculée et relue par un pôle. Ce livre blanc suit la même règle : il est signé par le pôle Data Center, et c'est le bureau d'études qui en répond, pas une personne, comme pour les études que nous réalisons.
Le contenu vient de nos propres missions : campagnes de mesures sur site, modèles recalés sur relevés, scénarios de panne calculés en interne. Quand un chiffre vient d'un référentiel externe, il est cité en annexe C ; quand il vient de notre pratique, c'est écrit dans le texte.
Notre engagement de référence sur un data hall est de quatre semaines, cadrage et restitution comprises : et nous savons aller plus vite quand le planning de travaux l'impose.
Un échange d'une heure suffit généralement à dire si une étude CFD est utile, et à quel périmètre. Nous répondons sous 48 heures ouvrées.
eolios.fr/contactcontact@eolios.fr183 rue de la Pompe, 5e étage, 75116 Paris+33 1 42 25 45 21Guide de calcul du PUE, jumeau numérique de data center, origine des surchauffes, CFD externe des aéroréfrigérants, étude thermique des locaux techniques, et les fiches détaillées de nos missions.
eolios.fr/data-centerEOLIOS Ingénierie — bureau d'études en simulation thermo-aéraulique (CFD). Édition juillet 2026 · v1.0. Document public : la reproduction de courts extraits est autorisée avec mention de la source. Les valeurs normatives citées (ASHRAE TC 9.9, EN 50600, Uptime Institute, règlement F-Gas) évoluent : se référer toujours à l'édition en vigueur et aux spécifications constructeur du matériel installé. Données de consommation et de PUE à jour des publications AIE 2025 et Uptime Institute 2025.
Version en ligne, tenue à jour : eolios.fr/data-center/livre-blanc-utilisation-de-la-cfd-pour-les-data-centers